mercredi 8 octobre 2014

Ebauche, Moulin Bleu (15)


 L’estive n’est pas de tout repos, cela reste dangereux tant pour les hommes que les bêtes. La plus grande partie de la nuit sera consacré à veiller au troupeau, les risques étaient présents.
Octave repense à quelques jours plus tôt, un agneau affaibli par une blessure, il n’arriva pas assez vite auprès de lui quand des vautours l’attaquèrent, lui même épuisé il n’eut pas le temps de le protéger. « Laissons faire la nature, j’ai manqué de tact, de rapidité » il se le reprochait.
 Jim et Henri l’avaient rassuré, ne lui portant aucune remarque, il n’était pas le premier, il ne sera pas le dernier à qui cela arrive. Henri lui rappel cette brebis blessés, impossible à soigner, il fallait l’abattre pour finir en méchoui partager avec d’autres bergers. Si une bête tombe dans certain ravin, il est impossible de la récupérer, les charognards feront leur œuvre de nettoyage. Bien sur un accident attriste le berger, mais c’est la loi de la nature, loi qui leur forge une carapace, ils voient la vie autrement, les sentiments sont  simples, naturels.
 Cette nuit là ils ne dormaient pas beaucoup, parfois le sommeil les emportait, un fracas les faisait sursauter, vite voir dehors les éventuels dégâts. Il est non loin des trois heures du matin, peut être passé ou pas encore, un éclair des plus lumineux suivi aussitôt par le bruit assourdissant du tonnerre, les murs de la bergerie tremblèrent, les bêtes s’affolaient, il tombait des cordes, les trois hommes sortirent accompagné des chiens, ils firent le tour de l’enclos, tentèrent de calmer les brebis, les chiens canalisant tout désirs d’évasion, leurs regards se portèrent non loin de là, un arbre isolé, proche de l’orée de la forêt, il était coupé en deux et se consumait, la foudre l’avait touché, une partie était au sol, l’autre encore sur pied ressemblait à un squelette, il attend un coup de vent pour rejoindre sa moitié allongée à ses pieds.

 L’orage s’éloignait, c’était comme le bouquet final d’un feu d’artifice. Le ciel très assombrit par les nuages faisant l’amour avec les cimes des montagnes, fusion de l’éther nocturne, rite satanique des éléments. Le ciel s’éclaircissait, un répit peut être, le retour à l’apaisement pour la journée qui arrive.

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