vendredi 10 octobre 2014

Ebauche, Moulin bleu (17)





Terre de légendes, cimes en feu. les Pyrénées s’adonnent à tous les fantasmes de l’homme. Celui des avalanches dévastatrices, meurtrières ne font pas exceptions. Les avalanches d’hiver, elles sont connues, redoutées, l’homme dans ses repères sait construire, organiser la vie en tenant compte de la catastrophe naturelle. L’été se sont celles des glissements de terrain, des chutes de pierres, on y prête aussi de l’attention, pourtant se faire surprendre semble plus fréquent. Les bergers connaissent bien les couloirs à risques, ils évitent que les troupeaux en mal de changement d’herbage ne s’aventurent dans leurs parages.


 L’été s’avance, aout est bien entamé et les premières couleurs d’automne laissent émerger leurs traces comme les premiers cheveux blanc sur les tempes des hommes. Il y a aussi les premières neiges sur les sommets, parfois jusqu’à l’estive, heureusement elles ne tiennent pas. Les ovins ont l’air de s’en moquer, quelques soit le temps ils ont besoin de faire un passage dans les prairies. Les jours de tempête de neige, le foin dans la bergerie sera servit.

 C’est une belle journée de Septembre, fin de l’été, Jim comme à ses habitudes fait ses ablutions, sa gymnastique. Octave comme il le fait depuis quelques semaines, joue les voyeurs.
­– Diou Biban, putain de drôle, tu n’as pas honte !
Lança Jean-Loup Bouthéous qui arrivait d’un autre versant. Octave sursauta, Jim resta placide, il ne fallait pas en faisant ses abdominaux qu’un faux mouvement ne vienne achever sa mise en forme. Il sert les dents, l’effort, la surprise, le jeu d’Octave en sont le rictus.

 L’altercation verbale est suivit d’une empoignade, d’échange de coups de poing, ils roulent à terre et tentent chacun leur tour de frapper l’autre. Henri qui était sorti de la bergerie, monta très vite pour séparer les deux compères, Jim aussi avait abandonné sa Gym pour intervenir. Il tira en arrière Octave, Henri ceintura le Jean-Loup. Les deux gaillards séparés, reprenant leurs souffles, il fallait les calmer. La tension tomba d’un cran ou deux, reste quelques brides de nervosité.

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