jeudi 23 octobre 2014

Ebauche, moulin bleu (24)

Mi-juillet 1977 au Tourmalet. Les brebis dans la neige!

  Les derniers beaux jours de novembre, le maïs est dépiqué, rentré dans les séchoirs, là aussi il est loin le temps où le soir auprès de l’âtre la famille réunie avec les voisins se faisaient les tresses de maïs que l’on suspendaient dans le grenier, pas celui des céréales de l’été, non un qui était bien ventilé souvent au dessus d’un chai ou d’une remise. C’était jolies ces tresses où les épis de maïs s’enchevêtraient et les gens racontaient des histoires, surtout les anciens, parfois elles faisaient peur et les enfants aimaient à les entendre… puis ils allaient se coucher. Jim n’avais pas connu cette période, maintenant la batteuse fait le travail dans les champs et les épis sont versés dans des bennes que les agriculteurs vident dans les séchoirs bien en place dans la cour ou proche des annexes, ce décor ne manque pas dans la ferme familiale.

Il qui profite d’un peu de temps libre a installé des chevalets dans cette pièce qui va lui servir d’atelier de peinture, sur l’un deux une toile tissé en fil de lin, il accroche une photo qu’il avait sorti de l’ordinateur, il l’examine sous tous les angles, sort la palette de couleur et commence à déposer des grains de peinture dessus, il s’empare d’un crayon et dessine les contours de l’esquisse qui représente le paysage photographié. Le trait est fin, à peine lisible, mais suffisant pour laisser la main travailler sur la toile, il y glissera un peu de fantaisie imaginaire. Celle qui l’inspire pour commencer c’est la photo avec la brume, il commence par un pic de montagne en deuxième plan, le fond sera le ciel, la brume s’élève à mi hauteur de la toile, il porte les couleurs des arbres, des verts de différentes teintes, pas facile à faire ressortir, il repasse un film de brume dessus masquant légèrement les feuillages, en tout premier plan un tapis vert et un pan de mur de la bergerie, il joue sur la luminosité matinal, Cela lui fait penser qu’il va devoir faire un puits de lumière au dessus de la pièce pour améliorer l’éclairage naturel. Il laisse la toile et dessine sur une feuille de papier d’un grand forma sa vision, créant une véranda en lieu et place de ces pans de toiture. C’est au printemps qu’il envisage de faire les travaux nécessaires, il profitera de la mauvaise saison pour faire venir des entrepreneurs et recevoir les devis afin de prendre celui qui lui convient le mieux, prix bien sur mais pas que, alors parfois un peu plus cher ici et une meilleur qualité, un produit sain, il faut y regarder de plus près, en plus passer à la banque pour négocier un prêt, certes il dispose d’un bon pactole, mais il ne tien pas trop à l’entamer.
 Ce début décembre, sa toile prend la consistance qu’il cherchait à faire, un coup de klaxon le fait sursauter, il regarde par la fenêtre, c’est l’Octave qui se gare dans sa cour, que peut il venir faire ce jour ce demande Jim ? Jim est tout sourire, heureux quand même de la visite inattendue.
 Octave est devant la porte un carton entre les mains, Jim ouvre cette dernière et fait entrer son ami.
– Salut Octave, quel bon vent te pousse vers chez moi ?

– Adieu, le plaisir de venir te voir et t’apporter ces quelques bouteilles de bon vin… la fin d’année approche.

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