vendredi 24 octobre 2014

Ebauche, moulin bleu (25)


  Octave pose le colis sur la table. Ils se serrent les mains, se congratulent chaleureusement.
– Ne restons pas là, le coin du feu sera bien mieux pour parler, c’est vrai qu’elles arrivent ces fêtes de fin d’année, je l’avais presque oublié.
 Jim lança la cafetière italienne qu’il avait préalablement remplie et en quelques minutes le breuvage était réparti dans les tasses. Tout en le dégustant ils parlaient de choses et d’autres et de la future estive déjà dans les têtes.
– Tu vas avoir la primeur de poser ton regard sur quelque chose que j’ai entrepris.
Le regard d’Octave marque une certaine interrogation, un étonnement et la curiosité s’empare de la deuxième expression. Ils montent à l’étage. Jim ouvre la porte et fait entrer Octave dans la pièce.
– Oh ! Hilh dé puto.. (Terme gascon),  as un sagrat còp pincelata lo meu dròlle(tu as un sacré coup de pinceau mon garçon). Je ne dis pas cela parce que c’est toi, non, continus et on te verra exposé dans une galerie de la capitale. Woauh ! je n’en reviens pas… enfin je suis quand même à moitié étonné, tu es si doué.
 Et pour signifier son enthousiasme il prit Jim dans ses bras et lui donna pas mal de tapes amicales sur le haut du dos.
– Bravo, mec, bravo.
 Jim fût touché par le débordement de sympathie de son ami.
– Pas si vite Octave, pas si vite, on ne gagne pas la confiance de ce milieu comme cela.
– C’est certain, mais crois moi, il y en aura bien une à qui ton style plaira.
– Je compte en faire une ou deux autres si le temps me le permet, après je verrais.
 Octave ayant desserré son étreinte, maintenait son bras sur les épaules de Jim, qui n’avait pas remarqué, du moins aux premiers regards durant leurs échanges verbaux sur son travail, mais les prunelles d’Octave avaient une toute autre profondeur.
– Hum ! Quel regard !
Octave s’empourpra, sa gorge se noua, il ne pouvait sortir un mot. Le silence est entre eux en contemplant la toile.
Dans une sorte de courage émergeant du fond de lui, Octave tente d’exprimer ses sentiments, son ressentit, ses doutes, il bredouille des mots presque incompréhensible, puis cela s’éclairci.
– C’est…, que tu vois.., il y a quelque chose qui me chagrine…., me titille…, j’ai deux amours…, Mathilde.., (un long silence passe) et toi !
 Jim ne répondit pas, il était gêné, perplexe, quelque peu ravi aussi.
– Vois-tu, Octave, je suis très touché par tes mots, ta déclaration qui me va droit au cœur. Je ne m’attendais pas à cette déclaration, elle me fait très plaisir, tu sais ou du moins ne le sais-tu pas, mes sentiments sont très forts envers toi, mais je pense que Mathilde est un meilleur parti pour toi.
– Je n’en doute pas, mais j’ai l’impression que mon amour est plus fort, sincère à ton encontre.
– Je sais…, je sais, mon cœur bat souvent la chamade quand je pense à toi, mais je ne me sens pas en mesure de partager ma vie avec un homme, mes sentiments sont sincères, platoniques aussi et tu en souffriras, je te le dis, donnes ton cœur à Mathilde, elle le mérite plus que moi, garde mon amitié je ne prends pas ton amour à la légère, mais,
– Qu’importe, qu’importe…
 Octave serra très fort l’américain entre ses bras, ses lèvres se posèrent sur la bouche de Jim, plutôt s’y écrasèrent fougueusement, Jim ne résista pas, laissant la langue prendre possession de sa bouche, l’étreinte était chaleureuse, amoureuse. Puis Jim se délivra de l’emprise de cette pieuvre, son courroux il le cacha, il n’y eu pas de suite, juste un égarement pensait-il.
Chacun reprend son souffle, ils reprennent la conversation sur le travail artistique que Jim a entamé.

Jim en vient à évoquer son projet de transformation, Octave l’approuve et lui propose ses services, c’est vrai qu’il travail aléatoirement dans le bâtiment.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire