samedi 25 octobre 2014

Ebauche, Moulin bleu (26)


– Tu sais, je suis du métier et si cela ne t’ennuie pas je peux t’avoir des prix et pourrait participer à ton aménagement.
 Jim n’en demandait pas tant, il réfléchissait à la proposition qui venait de tomber, elle lui plait.
– Ok, tant qu’à faire, autant que ça soit toi qui réalises les travaux.
 La pression amoureuse était tombée, celle d’Octave qui ne semblait plus y penser et celle de Jim qui se diluait dans ses veines ! C’est sur pour lui il ne pouvait y avoir d’amour entre eux, il comprend l’homosexualité mais n’y verse pas son âme. L’amitié avec Octave si forte soit elle reste une amitié, elle joue avec eux comme le lien entre deux frères, il n’y a pas de doute, avec la force qui les unis et aussi les dissensions. Son seul trouble c’est d’avoir trouvé ce baiser très agréable, plaisant, mais de là à aller plus loin, vivre avec Octave il y a un fossé qu’il ne conçoit pas de franchir.
  Le mois avance, l’hiver est au rendez-vous du calendrier, il neige à gros flocons Nadal sera blanc. Comme sur les cartes de fin d’année, de cette période que l’on envoient aux êtres les plus chers, à la famille. La soirée de Noël se fera en famille, les parents, la fratrie, neveux et nièces on ne déroge pas à la tradition, et il y a de quoi héberger tout ce petit monde y compris chez Jim qui met à disposition ses chambres.

La semaine du blanc s’étale partout dans le paysage, la neige tient bon, la température négative facilite son maintien. Les mômes avec quelques adultes confectionnent un grand bonhomme de neige avec tous ses attributs, carotte pour le nez, deux morceaux de bois carbonises pour les yeux, un bout d’étoffe rose pour la bouche, un balai de paille de riz tenu par un hypothétique bras une écharpe en laine autour du cou et la tête coiffée d’un vieux béret. Un chien tourne autour de lui et aboie dessus cet intrus dans la cour, au plus grand plaisir de tous qui rigolent de le voir faire. Pas de Noël sans sapins, dans la cour il y en a un planté depuis la naissance des ainés de Jim, il est décoré de lampes multicolores, et de boules, à l’intérieur un plus petit venant des bois familiaux est installé auprès de la cheminée, suffisamment loin pour éviter les éclats incandescents des bûches. La table, déjà longue, s’étire encore plus avec des rallonges, elle recevra la famille, les enfants en ont une autre à coté. Tout est prêt pour le réveillon, un bien grand mot dans nos campagnes aux traditions encore bien ancrées. Il y eu la porcallaideun peu avant, un oncle était venu donner un coup de main. Un cochon d’environ 150 kilogrammes était destiné à la vie de la ferme. Tout se mange chez le cochon. Confection de pâté, de Hure, de saucissons et saucisses, du boudin bien sur, débit des côtes et mise en congélation, jarrets en bocaux et stérilisés sans oublier les jambons passés au gros sel, quand ils seront à point, ils irons se fumer dans la cendre des feux de bois. Le premier jour, on fait la hure avec la tête du cochon et les poumons, une fois tout cela cuit, quelques heures en marmite, c’est débité en petits morceaux mélangés aux épices, sel etc., et mis en bocaux, le lendemain ils seront stérilisés, le boudin aussi est travaillé, cuit dans un bouillon… une fois à point, les femmes vérifient avec une aiguille à coudre, les ronds sont déposé sur une litière de paille dans des paniers d’osier et suspendus aux poutre du plafond. On ne jette pas le bouillon de cuisson, la farine de maïs et celle de blé y est mélangées, on la tourne sans arrêt jusqu’à consistance d’une pâte qui sera déposée dans des plats creux, on mange cette pâte en fin de repas et, ou en collation de quatre heure, c’est un peu amer. Il en est tiré des tranches plus ou moins épaisses que l’on chauffe entre des grilles au dessus des braises du feu dans l’âtre, sinon c’est poêlé, comme cela est un peu amer au goût, pour s’habituer on le saupoudre de sucre, petit à petit on diminue la dose pour manger nature cette pasta.

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