lundi 15 décembre 2014

Ebauche… Moulin bleu (56)


Le cadet passe obligatoirement par le lycée agricole, il prend se qui lui est nécessaire, la gestion avant tout, pour ce qui est du bourrage de crâne avec les analyses de terre et autres produits artificielles poussant à la production, il laisse cela à ceux qui ne pense pas à l’avenir. Ne pas tomber entre les mains des industrielles de l’industrie chimique et celles d’une banque qui pousse à l’investissement à outrance, endettement à vie du futur agriculteur. Le bon sens paysan est encore présent dans ses veines. Jim aussi est dans cet optique, lui il n’est pas passé par ce fléau, il a appris sur le terrain avec les parents il est de bon conseil pour son frère.

  Il prit la décision de vendre son troupeau à Rabastens, le marché des ovins, il n’est pas le seul, les cours sont en pertes. Qu’importe, il ne veut plus aller à l’estive et s’user été comme hiver avec si peu de têtes, ce n’est pas rentable. Aider les parents, s’adonner à sa peinture, c’est tout ce qui compte pour lui, une nouvelle voie s’ouvre et il y a Ambroisine.

 Octave passe, tout au long de l’automne, par les mains des chirurgiens et de la rééducation fonctionnelle. C’est dur et la mauvaise saison n’aide pas.
Décembre est là avec ses cortèges lumineux, dans les villages quelques guirlandes pour imiter la ville, souhaiter de bonnes fêtes aux citoyens du pays et à ceux qui passent un jour ou l’autre. Pas de fêtes en prévision cette année, du moins pour Jim ou Octave qui ne peut prendre la relève et faire comme l’américain l’an passé. Jim l’aurait bien aidé, Ambroisine aussi, mais cela n’y suffisait pas, alors c’est partie remise. Noël, chacun chez sois, en famille, le jour de l’an des petits comités, drôle d’année.
 Peu importe, Jim met la main à la finition d’une toile. Ni abstraite, ni figurative, les deux à la fois. Eole souffle dans la chevelure d’une femme, elle se soulève, sa longueur prend de la hauteur, ressemblant à une montagne avec des déclinaisons de couleurs jusqu’à la pointe. Des nuances de verts, des taches blanches faisant penser  à des moutons, la silhouette d’un berger et son chien assis à ses pieds. Un petit détail qui se lit dans la pupille de la femme, la brume tapis en bas du tableau. Le ciel est bleu parsemé de nuages moutonneux, une traine partant ou arrivant de la droite de la scène.  Il a déposé sa griffe en bas de la toile et au dos la date de finition.
  Pour la fin d’année, il enfourche sa mobylette, des paquets sur le porte bagage. La nuit est là, elle tombe toujours de bonne heure malgré les sauts de puce des jours. Chemin de traverse, pas la grande route, la circulation est bien animée, certes cela n’est pas la grande ville ni ses approches, mais il faut être prudent la traversée du village est très fréquentée.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire