mercredi 17 décembre 2014

Ebauche… moulin bleu (58)


Chapitre VII
Le Moulin bleu.

 Le moulin bleu est une ancienne bâtisse, une meunerie. La roue n’existe plus, reste l’axe sur lequel elle reposait et actionnait le système de broyage des graines de céréales. L’axe et les pierres sont toujours visibles dans la pièce qui était consacrée à cette besogne. La pierre fixe et celle qui tournait pour faire la farine ont été changées plusieurs fois durant l’existence de l’activité du moulin. Le travail de meunerie est inactif depuis le milieu de la décennie des années 1960. Quelques paysans du village et voisinage portaient encore des sacs de jute ou papier pour en tirer la farine. Les concasseurs dans les fermes mirent sans doute un frein pour ne pas dire signa la fin de l’activité. Les boulangers ambulants aussi en échangeant les sacs de céréales contre des bons pour recevoir le pain, un troc qui s’effectue encore avec plus ou moins de bonheur.
  Le bâtiment aurait pu figuré à l’inventaire du patrimoine, sur le fronton au dessus de la porte est gravée dans la pierre une date, sans doute celle de l’année inaugurale du moulin, 1572. Construction au cœur de la guerre des religions. La légende du pays raconte que le meunier de l’époque baptisa la bâtisse « Le moulin bleu » pour rendre hommage à la couleur des yeux de sa  belle. Le meunier favorable à la réforme fût pendu avec sa femme et son cadet à la branche d’un chêne tout proche de la bâtisse. Son fils aîné engagé dans les rangs du futur Henri IV prendra la succession de l’affaire une fois la paix revenue. Il épousa une fille de la Navarre, eu des enfants. La meunerie fonctionna jusqu’à l’éradication de l’Edit de Nantes par Louis XIV, une erreur monumental qui couté très cher à la France avec la fuite des cerveaux et le savoir faire vers la Pusse ou les Pays-Bas. La famille du Moulin bleu ne manqua pas à l’appel de cet exil. Durant une douzaine d’années il resta inhabité et sans activité, une famille de Castelneau-Magnoac en prit possession en dédommageant les anciens propriétaires, pour une somme symbolique. La vie ne leur fût pas simple, les affaires louches sur la spéculation des céréales eurent de graves conséquences, mais la famille tint bon la barre.

 Le 19èmesiècle vit bien des propriétaires passés et ce jusqu’au début du 20èmesiècle. La grande guerre aussi marqua un coup d’arrêt ; Ce sont les arrières grand parents de Gabriel Fourcade qui l’achetèrent et conservèrent le nom de Moulin bleu. Qu’il le veuillent ou pas, de toute façon implicitement c’était Le Moulin bleu dans la mémoire collective des coteaux du Magnoac.

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