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jeudi 10 avril 2014

Benoît … (23)


   En route pour l’Allemagne, une escale à Bar-le Duc, visiter la cathédrale Saint-Etienne et admirer le Transi de René de Chalon sculpté par Ligier-Richier, une œuvre tout en dentelle, représentant le squelette de René de Chalon, prince d’Orange, mort au combat durant le siège de St-Dizier, en 1544, il était âgé de 25 ans..

Louis Aragon évoque Le Transi de René de Chalon dans le poème Crève-cœur

Écoute dans la nuit mon sang bat et t’appelle

Je cherche dans le lit ton poids et ta couleur

Faut-il que tout m’échappe et si ce n’est pas elle

Que me fait tout cela ? Je ne suis pas des leurs



Je ne suis pas des leurs puisqu’il faut pour en être
S’arracher à sa peau vivante comme à Bar

L’homme de Ligier qui tend vers la fenêtre
Squelette par en haut son pauvre cœur barbare

Louis Aragon – Crève-cœur
                                          Photo du web


Après cette pause aux souvenirs évocateurs, nous continuons vers Metz, la ville n’est pas loin, nous trouvons l’auberge de jeunesse qui campe ses murs non loin de la Moselle. Nous avons le temps de flâner dans la ville, la place St-Louis où nous dégusterons une bière dans l’une des brasseries. Bâtiments anciens avec des arcades. La gare aussi est une splendeur. Cossue, exhibant sa magnificence, tant par sa façade que son intérieur. Le charme opère. La nuit nous invite, après s’être restauré, à un repos mérité. Le lendemain nous ne manquons pas un passage au C.P.M (Centre Pompidou de Metz), une merveille d’architecture de bois, de métal, verre sans oublier sa couverture qui fait penser à un chapiteau de cirque. Dernière nuit sur le sol national.

                                                    Photo de moâ!

A suivre


vendredi 29 mars 2013

Benoît et le grand tour (39)







METZ

   Ils arrivent à Metz, s’installent pour la nuit, rien ne change, si ce n’est le personnel, les patrons, là aussi un profil type, il y a une certaine ressemblance entre tous ces tenanciers. Bonne pense, une sorte de bonnet plat sur la tête, le tablier noué autour de la taille et toujours une grande cuillère en bois en prolongement de la main.

  La ville de Metz s’embellit avec le siècle. Le maréchal Charles Auguste Fouquet De Belle-Isle dès 1728, adeptes des idées des Lumières, repensa l’urbanisme de la ville. Sur l’île du petit Saulcy il fit construire un nouveau théâtre. Il a dans l’idée d’aérer le quartier de la cathédrale en y créant une place royale, centrale entourée de bâtiments publics. Il lui fallut négocier durant vingt années avec le clergé et les bourgeois messins pour qu’enfin il fasse appel à l’architecte Jacques-François Blondel pour mener à bien le projet de l’Hôtel de ville de Metz. Projet fort ambitieux qui sera suivit en 1764, par la construction d’un portail néoclassique pour la cathédrale. Charles-Louis Clérisseau se chargera en 1777 des plans de l’hôtel du Gouvernement dans un style très classique. Un nouveau palais épiscopal et le marché couvert sont en construction. En 1775 le Parlement de Metz est supprimé.
 Le souffle des Lumières passe dans la cité, plus de sept loges maçonniques y fleurissent.  Ce  souffle se fait sentir jusque dans les abbayes messines où les bibliothèques s’enrichissent des ouvrages encyclopédiques. En octobre 1789, Pierre-Louis Roederer est élu à la députation en remplacement de Pierre Maujean dont l’élection fut annulée pour irrégularité. Metz devient le chef-lieu du nouveau département de la Moselle en 1790.

On ne peut pas parler de Metz sans évoquer le Graoully.

L’étymologie vient de l’allemand Gräulich qui signifie monstre. Le Graoully est un animal mythique à l’apparence d’un dragon, vivant dans les arènes de Metz. Il aurait dévasté la ville avant d’en être chassé par  Saint Clément de Metz, premier évêque de la ville au IIIème siècle.

  Entre le XIIème siècle et la Révolution Française, la légende de Saint Clément était commémorée par une procession à la saint Marc et aux rogations, adaptation locale d’ancienne tradition romaine, le Manducus. L’effigie du dragon est promenée dans toute la ville avant d’être fouettée par les enfants
                                      
« C’était une effigie monstrueuse, ridicule, hideuse et terrible aux petits enfants, ayant les yeux plus grands que le ventre, et la tête plus grosse que tout le corps, avec amples, larges et horrifiques mâchoires bien endentelées, tant au-dessus comme au dessous, lesquelles, avec l’engin d’une petite corde cachée dedans le bâton doré, l’on faisait l’une contre l’autre terrifiquement cliqueter, comme à Metz l’on fait du dragon de saint Clément. »
François Rabelais.

  La légende évolue entre le XIème et le XVIème siècle. Le plus grand des serpents devient un dragon buveur de sang envoyé par Dieu pour punir les messins de leurs débauches. Saint Clément, envoyé pour délivrer Metz du monstre, le noie purement et simplement dans la Seille.

Source de présentation de Metz Wikipédia, adapté par mes soins.