mercredi 12 mars 2014

Vivre



C’était hier, la journée du huit mars était consacrée à la femme.
C’était avant hier, déjà le passé, l’histoire… Le réseau Mamouchian, membre des FTP- MOI (Francs Tireurs Partisans Main d’œuvre Immigré… 20 immigrés de toutes nationalité, 2 français et une femme. Les hommes après des séances de tortures que la propagande nazi et de Vichy qualifia de Procès !!  les murs de Paris furent placardés d’une affiche rouge avec leur portrait. Ces hommes furent fusillés au fort du  Mont Valérien proche de la capitale.
Olga Bancic connue un autre sort. Elle sera déportée en Allemagne, passée à l'interrogation et décapitée à quelques jours de son anniversaire.

Un seul mot vivre!

 Dans la mémoire du pays, vous nous devons beaucoup,
Il y a soixante dis ans pour la liberté roula votre tête,
Peu de temps avant, vingt deux compagnons, au fusil succombèrent à leur coup,
Le courage n’a d’égal que jamais il ne s’arrête,
De sa chaine, comme le Phénix, chaque maillon cassé il renait,
Qui peut oublier l’amour donné contre l’armée de la mort,
Au printemps, elle s’enfuit devant la vie qui renait,
Emportant avec elle les âmes de vingt trois corps,
Vous en étiez Olga Bancic, c’était votre trente deuxième année,
A l’aube de votre anniversaire le bourreau de Stuttgart vous a décapitée,
Votre tord ! si il en est, c’est d’avoir aimée la vie,
C’est d’avoir combattue la force noir du nazisme,
C’est d’avoir bravée la nuit des âmes à celle de l’humanisme,
C’est de n’avoir pas courbé l’échine à leur envie,
C’est de n’avoir pas fléchie sous la torture,
C’est d’aimer la vie, sa liberté pour quel perdure,
Feindre l’oubli, effacer les noms gravés à la table de l’Homme libre,
Aujourd’hui l’ombre noire ressurgit et nuit avec le retour du déséquilibre,
Roumaine vous êtes, de vos veines la richesse de votre sève fertilise la liberté de nos plaines,
Emprisonnée en votre pays, chassée aussi par la bête immonde, vous avez continuée la lutte avec courage, sans ménager la peine,
Bientôt soixante dix printemps à votre souvenirs,
Pour les Hommes libres, portant cette oriflamme, la vie en devenir,
Olga Bancic et vos compagnons vous vivez chaque jour à nos cotés,
Qu’importe les idées, les croyances, un seul mot vibre…. Liberté.

Covix-lyon@09/03/2014
 affiche rouge grde

jeudi 6 mars 2014

Benoît et le grand tour (132)


 Une femme d’un certain âge était venue lui porter un pli. Il reconnu le cachet de cire venant de chez Chaudeur, il le décacheta énergiquement, il avait un mauvais présage. Il blêmi, ses yeux s’embuèrent, la peine envahissait son âme. Quelques mots laconiques.

«  Le citoyen Benoît Chaudeur nous a quitté, sa mise en terre aura lieu mercredi prochain »

  Simple, cinglant, il reçut le message comme un coup de fouet sur son visage.

« Je m’apprêtais à lui rendre visite, c’est trop injuste, nous n’avons pas eu assez de temps pour parler, le remercier de ce qu’il a fait pour ma famille, c’est trop injuste Benoît… Tu vas me manquer. »

   Hubert se rendit chez son ami, il resta à veiller avec la famille. Apporta sa consolation à Colette Chaudeur et ses fils présents. Il aidait aussi à l’organisation des gens venus lui rendent hommage, c’est que Hubert jouissait d’une grande notoriété.
  Benoît eu une cérémonie et une mise en terre digne d’un chef d’état, sa gentillesse, son charisme en font un grand homme de Villeneuve. Colette sa femme put mesurer à quel point il avait compté pour la ville.

 Une quinzaine passa, Hubert regagna l’Angleterre, il ne revint jamais sur ses terres, si ce n’est pour que l’on y dépose sa dépouille.

Bonaparte était devenu Empereur.

  L’amour de Benoît et Hubert s’oubliera dans les nuits des temps, les familles n’en découvriront, ou plutôt à force de lire et relire la narration du grand tour, la lecture entre les lignes ouvrit les regards envers lui.

  Les familles se dispersent, Chaudeur s’installera à Paris, les descendants des Pompiac resteront sur leur terre. Le carnet de voyage soigneusement rangé au fond d’une bibliothèque, pratiquement inaccessible. Fallait-il oublier cet liaison contre nature, c’est ce qui transpire, pourtant dans chacune des familles elle est soigneusement cachée, conservée.


                                              Fin de la première partie


mercredi 5 mars 2014

Benoît et le grand tour (131)


– La république a modifié ses actes dira Benoît en serrant ses enfants dan ses bras, puis alla vers Colette, lui administra des sels et un peu d’eau fraiche sur le visage pour la réanimer. Sa mère ne survécue pas à l’annonce de sa condamnation, Benoît ne pu assister à sa mise en terre, se sera son premier geste d’homme libre, aller au cimetière et déposer un bouquet de fleur sur sa tombe..
 Chacun au fil des jours retrouve de la vitalité. La convention Thermidorienne élira à l’automne le Directoire. La première république a été bien agitée, avec ses cinq membres la douceur de vivre semble reprendre. Un jeune général fait parler de lui, ses exploits dans la campagne d’Italie contre les Autrichiens le rend très populaire. Le Directoire se méfie de lui. Le calme, pas tant que cela, les royalistes reviennent en  forces, tentent de reprendre les rênes, les Jacobins aussi, Sieyès aux affaires fera interdire leur club, mais pas d’opposition à retenir, il consolide les modérés. Bonaparte de retour de la Campagne d’Egypte où le Directoire l’avait envoyé pour l’éloigner de Paris, il organisera son coup d’état du 18 Brumaire. Formera le Consulat, Sieyès qui voulait un pouvoir fort peu s’en réjouir. Benoît vie les premiers jours de ce nouveau pouvoir, l’action de cet homme qui n’a peur de rien, à qui il ne faut opposer de résistance, il n’aime pas cela. Son jeune frère est installé à Bordeaux et poursuit l’œuvre familiale..
 L’usure aura raison de la carcasse de Benoît Chaudeur. Avant de partir, il passe les commandes de son affaire à son fils aîné, le cadet est parti s’engager dans l’armée de Bonaparte.

 Hubert était revenu à Villeneuve une année plus tôt, il n’eut pas le temps de revoir Benoît, juste le jour où ce dernier était venu pour l’enterrement du vieux marquis. Il eu juste le temps de le remercier, lors des salutations, pour le courage à défendre l’hôtel particulier de la furie qui c’était abattue sur elle. Mais cette année consacrée à l’inventaire avec son aîné Pierre-Marie des biens de la maison l'éloigna de toutes visite envers Benoît. Le reste de la fratrie de retour aussi s’installa dans les locaux. Un notaire lu le testament, les terres revenaient à Pierre-Marie qui s’en occupaient déjà fort bien, lui même commençait à fatiguer, et c’est ses fils qui le remplace. L’hôtel particulier revient à Hubert qui y loge la famille, quelques parcelles de terre hors département pour le reste des enfants. Le mobilier enfin de compte sera partagé entre tous, la vaisselle aussi et les toiles restent accrochées aux murs de Villeneuve. La demeure pratiquement vide, les pièces lui semblent bien trop grande, un souvenir d’enfance dans le regard.

mardi 4 mars 2014

Benoît et le grand tour (129)


  La charrette allant le transporter était prête, il y a aussi d’autres condamnés comme lui, accusé à tord ou au bon vouloir de l’accusateur public. Six têtes à faire tomber, elles allaient se promener de Villeneuve sur Yonne vers Sens… Les hommes sortent des cellules, sont montés dans la charrette, l’attelage est prêt à partir.
  A paris il y a déjà un certain temps, Danton avait perdu la sienne, un vent de fronde grondait à la convention, le comité de salut public ne semblait plus en odeur de sainteté, toutes ces têtes qui chutent dans un panier révulsaient bon nombre de députés. La comédie dramatique de Thermidor éclate, la convention se rebelle contre le comité de salut public, ils sont arrêtés, même le frère de Robespierre qui demande à partager son sort. C’était sans compter avec le refus des geôliers d’incarcérer Robespierre, et du peuple de Paris qui vocifère contre la chambre, la garde est mieux armée que la convention, fait le siège de celle-ci, libère les derniers accusés, la garde aurait put emprisonner la députation, c’est sans doute une erreur qui pèsera lourd dans la suite des évènements. Robespierre, et les autres, St Just etc.. sont libérés, rejoignent le Comité de sureté générale, seul Robespierre se refuse d’entrer dans l’illégalité, entre temps la convention se ressaisi, s’organise, l’immobilisme des sans culotte fait le reste, alors que le décret d’arrestation est signé, Robespierre rejoint le Comité de sureté générale, lance sa contre offensive, trop tard, il tombe de nouveau et sera blessé, jugé avec les autres et exécuté.

 Deux cavaliers arrivent à toute allure, ils sont porteurs de missive venant de Paris. La convention Thermidorienne annule toutes les exécutions décrétées. Le conducteur de la charrette, les gardes qui l’accompagnent délivres les prisonniers. Un instant hébétés, les hommes se regardent, sans exulter leur joies ne s’en congratulent pas moins, fraternisent avec les gardes, le charretier et les porteurs de messages. L’accusateur public ne supporte pas la scène, se tire une balle dans la bouche. La chute de Robespierre sauva la tête de Benoît Chaudeur et des centaines d’autres au travers du pays.

 Benoît regagne accompagné par deux gardes son domicile, sa femme, ses enfants pleurant se qu’ils pensaient être la dernière nouvelle de Benoît, en le voyant entrer dans l’atelier Colette Chaudeur s’évanouie, croyant sans doute au fantôme de son mari, les enfants sont interloqués.
A suivre

lundi 3 mars 2014

Benoît et le grand tour (128)


  Benoît sentant le vent mauvais venir, averti Hubert, Pierre-Marie de Pompiac qui aidé des domestiques chargèrent les carrosses de malles et partirent vers l’Espagne pour l’un et la Suisse pour l’autre. Femme et enfants faisant parti du voyage. Seul le vieux marquis resta à Villeneuve. Benoît est ses amis, ses partisans investirent la demeure du marquis de Pompiac, la marquise aussi était restée auprès de son mari, l’âge ne leur permettant de faire un tel voyage.
 Au matin, à peine la lueur du soleil ayant quittée sa couche, une horde de femmes, d’hommes, fourches, faux, piques, fusils en main arrive devant la demeure. Quelques gardes nationaux, restant fidèle à Hubert de Pompiac, étaient postés aux fenêtres tenant en joue les assaillants, prêt à faire feu au moindre mouvement belliciste.
  Il y eu un silence pesant qui s’abattait sur le lieu, le siège était commencé, chacun mesurant fait et geste de l’autre. Benoît au balcon du premier étage évaluant la situation. Le Chevalier présent lui aussi était à la fenêtre de l’étage supérieur de la loge de Gaudelin, il haranguait la foule, l’invitait à regagner leur foyer, à ne pas commettre un acte irréparable et peu courageux.
 Dans l’encoignure d’une porte, bien appuyé contre le montant, un jeune écervelé tendit son fusil, mit en joue Le Chevalier, appuya sur la gâchette, la détonation résonna dans la rue, Le Chevalier chancela et se redressa, la balle l’avait touché à l’épaule gauche, la garde n’attendit aucun ordre et fit feu sur le premier rang massé devant la demeure, après avoir reculé, la foule revient plus déterminée encore, un tronc d’arbre servait de bélier et frappait la porte cochère. Celle-ci céda, elle envahie la cour, venant des étages les coups de feu claquent, des corps s’écroulent souvent écrasés par ceux qui tentent d’entrer dans la bâtisse. Quelques uns réussissent à pénétrer dans le hall, Benoît épée à la main descend l’escalier, avec détermination, dextérité il repousse les assaillants.  Ne demandant pas leur compte, comme–ci une clairvoyance s’était emparé d’elle, la foule se retira, quittait les lieux. Les blessés furent transportés à l’Hôtel Dieu de Villeneuve, les morts déposés devant le cimetière où les familles venaient récupérer les siens avant de les inhumer. Sans suivi une longue période de trouble, souvent verbale.


Benoît se retrouva enfermé dans une geôle, il sera jugé par l’accusateur public, il lui est reproché d’avoir été en collusion avec l’ennemi. La bataille juridique fût âpre, difficile, mais cela tournait à son avantage, l’accusateur public ne trouvant pas cela à son goût chargea de faux son accusation. L’inévitable arriva, Benoît était condamné à être décapité en place publique de Sens.

 

A suivre

dimanche 2 mars 2014

Benoît et le grand tour (127)


 L’assemblée siègera tout l’hiver 1789-1790 et même jusqu’en 1791. Le roi perd sa prérogative de roi de France pour celui des français et sa place dans la nouvelle hiérarchie, est en troisième position. « La nation - La loi - Le roi ».
  De constituante, l’assemblée devient Législative, élue pour deux ans. Ce sera un lourd travail  sans relâche, et en 1791 l’aggravation des tâches par le non renouvellement des élus de cette première législature.
 Sans suit la réorganisation du pays, la création des départements (83), celle du judiciaire, de la fiscalité. Arrive la nationalisation des biens du clergé pour des raisons financière. L’arrivé des Assignats avec un effet désastreux sur l’état des finances du pays.

 De Villeneuve le roi, la ville devient Villeneuve sur Yonne.

 En 1790 le 14 juillet est proclamé jour de la fête de la fédération qui doit marquer la réconciliation du roi avec son peuple, la cocarde tricolore adoptée un an  auparavant en est son symbole, le roi doit la porter. Il y eu aussi dans chaque village l’implantation d’un arbre de la liberté, cérémonie réunissant les citoyens autour de lui. Parmi moult réforme dans l’année 1790, celle du drapeau; celui blanc à fleur de lis laissant place au tricolore.
Louis XVI ne veut pas jouer les seconds rôles, il ne veut pas d’une monarchie à l’anglaise. Le conflit une fois de plus devient inévitable et c’est l’affrontement avec la législative qui s’annonce. Les conséquences en seront une guerre aux frontières et à l’intérieur du pays. Des coalisés menés par l’Autriche assaillent la France. La chute du roi est certaine et ses maladresses finissent par l’emporter vers l’échafaud. La terreur suivra et commencera à manger ses enfants tout comme Saturne dévora les siens.

  Benoît ne se sent plus le courage de suivre les évènements parisiens; il regagne Villeneuve sur Yonne, retrouve son atelier, ses affaires, bien difficile dans le contexte. Hubert aussi retrouve sa propriété et la protège comme ses parents protègent la leur, soutenant les paysans qui travaillent pour eux et les indépendants. A certains il redistribuera quelques parcelles fertiles les rendant ainsi plus autonomes.

  L’écho de la fuite du roi, son arrestation  à Varennes, son jugement arrive à la ville, dans les campagnes, l’opinion, est divisée il a encore des partisans, s’exprime, devise sur la voie publique, parfois avec des coups poings échangés et les plus violents utilisent la lame facilement, des coups de feu aussi fusent de pistolets ou fusil. Un jour Benoît à la halle aux grains réussi à calmer les belligérants, chacun retournant à ses occupations, mais les plus farouches voulaient en découdre comme les parisiens le 21 janvier 1793 verra la décollation de la tête de Louis Capet. Une journée suffit pour que les plus enragés veuillent déloger le  marquis de Pompiac et sa famille, voir leur faire subir le même sort, sauf que la machine du Dr Guillotin installée à Sens ne soit pas encore opérationnelle.
 

A suivre

samedi 1 mars 2014

Benoît et le grand tour (126)

  

Source B.N.F 

 Benoît est à Versailles, il défend les doléances de ses concitoyens, prenant fait et cause pour Sieyès, Bailly et saluant Mirabeau, l’histoire est en marche.
   A Paris, Hubert de Pompiac reçoit les ordres de La Fayette qui poste ses hommes au faubourg Saint-Antoine. La foule monte vers La Bastille, le marquis la laissera passée, il comprend que la royauté est ébranlée, sont autorité inexistante, il joue la carte d’une monarchie constituante, où le roi ne dispose d’aucun pouvoir, si ce n’est celui de déclarer une guerre et lever l’armée, garantir par sa présence l’unité du pays. Il est inutile de faire couler le sang, la forteresse prison tombe. La nouvelle arrive à Versailles, si à l’assemblée constituante un certain enthousiasme se manifeste, au palais Louis XVI ne mesure pas sa portée.
 Benoît, bien que participant aux débats, n’en est pas moins non élus et il quitte Versailles pour porter les nouvelles à Villeneuve le roi. Le Chevalier prendra sa place.

  Juché sur l’estrade dans la halle aux grains, Benoît, l’échevin et quelques notables sont là. Il prend la parole devant la foule rassemblée pour écouter les nouvelles de Versailles, de Paris.
– Citoyens, le peuple de Paris en colère a pris d’assaut la Bastille.
Aussitôt dans la foule s’élève des hourras
Le pouvoir du roi est rendu à sa plus simple expression par l’assemblée constituante dont je rentre. Sachez qu’une ère nouvelle est en marche, bientôt les privilèges de la noblesse, du clergé tomberons, j’en suis sur, la constituante en débat.  Citoyens, attendons-nous à relever ce défit qui s’ouvre à nous, rien ne nous sera épargné, restons uni dans la conquête de droits nouveaux, à nos portes grondent le bruit des bottes d’armées étrangères, prêtent à voler au secours de Versailles, soyons prêt nous aussi à défendre notre nation. Citoyen, la liberté s’écrira sur les murs de nos monuments, nous l’aurons acquise par nos combats, par la force de l’autorité de l’assemblée constituante, la fin des privilèges apportera l’égalité des droits et devoirs pour tous les Hommes, enfin uni contre le retour de toutes tyrannies, des ennemis du peuple venant de l’extérieur, la fraternité s’impose à nous.
 Vive la nation française, vive la révolution. Citoyens prenons les rênes du pays.
Citoyens, je vous salue et vive la nation.
 Benoît ayant ingurgité le sens des futurs débats  qui se dérouleront à l’assemblée constituante. Il a trois semaines d’avance sur les évènements. La nuit du 4 août le confortera dans ses propos, les privilèges sont abolis.
 Comme des rats quittant le navire qui prend l’eau, commence à sombrer, des nobles et hauts bourgeois peux ouverts à l’innovation, voulant préserver leurs privilèges, font leurs malles et quittent le pays pour l’Angleterre, la Prusse ou autres régions du Prince d’Orange.

   Dans l’ Yonne, même si il y a des échauffourées, elles sont plus sporadiques. Dans les campagnes suite à des rumeurs que la famille royale voulait affamer le peuple, des bandes, des brigands brûlent, pillent les villages, les paysans s’organisent et mettent ceux-ci en déroutes. Des châteaux de nobles sont incendiés.
 La fin des privilèges est votée sur l’initiative du vicomte de Noailles, reprise par le duc d’Aiguillon; le clergé aussi suivant l’exemple de cette noblesse qui essaie de calmer les esprits par ces mesures décrétées. Après son vote, la requête sera portée au roi pour signature le 10 août, le roi se refuse  d’apporter son paraphe enveniment la situation. L’automne verra les troubles, surtout à Paris, reprendre du poil de la bête. La marche des femmes vers Versailles en est l’illustration. Le roi obtempéra et déposa sa griffe sur l’arrêté. Bien que la garde nationale de La Fayette soit présente, la foule envahie Versailles et impose le retour du roi à Paris. C’est accompagnée par elle que la famille royale, désormais renommée « Le boulanger, la boulangère et le petit mitron », déposera ses valises aux Tuileries. L’assemblée constituante prendra elle aussi le chemin de Paris, ce mouvement sera lourd de conséquences pour elle où le peuple de Paris, versatile, manipulé par divers factions en fera une prison et une cage pleine d’incertitudes et de risques.
  Toutefois, l’installation du roi à Paris calma la tension qui régnait dans le pays. La constituante se divisa en deux ailes, celle de droite, dont les partisans défendaient le droit de véto du roi et celle de gauche qui s’opposait à celui-ci. Le clivage entre les groupes se forme. La droite, la gauche !
 A l’extrémité da la droite le frère de Mirabeau dit Mirabeau-Tonneaux, l’officier Cazalès et surtout l’abbé Maury, grand orateur redouté de ses adversaires. Toutefois, et sans doute par la clairvoyance de l’avenir désastreux pour eux, cette droite s’effritera, 200 de ses membres prendrons à la fin de 1789 armes et bagages pour un long exil, presque autant retournerons sur leurs terres. La droite sera celle des modérés, dont Mounier leur chef de file partira lui aussi en exil.
 La majorité est formée par les constitutionnels où l’on retrouve le tiers état et la noblesse comme La Rochefoucauld, Liancourt, Montmorency, Talleyrand et l’abbé Sieyès. Plus à gauche un groupe mené par Barnave, Lameth, Dupart. A l’extrême gauche, Pétion, Buzot et Robespierre, ce dernier pas encore au sommet de sa tâche, plutôt raillé par ses pairs, considéré comme ‘La chandelle d’Arras’ face au ‘Flambeau de la Provence’ représenté par Mirabeau.
  C’est alors que les clubs se forment et jouent un grand rôle dans la suite des évènements.
Benoît et Hubert se retrouvent dans celui des Jacobins, où se mélangent les modérés et la gauche de l’assemblée constituante.

A suivre