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lundi 3 mars 2014

Benoît et le grand tour (128)


  Benoît sentant le vent mauvais venir, averti Hubert, Pierre-Marie de Pompiac qui aidé des domestiques chargèrent les carrosses de malles et partirent vers l’Espagne pour l’un et la Suisse pour l’autre. Femme et enfants faisant parti du voyage. Seul le vieux marquis resta à Villeneuve. Benoît est ses amis, ses partisans investirent la demeure du marquis de Pompiac, la marquise aussi était restée auprès de son mari, l’âge ne leur permettant de faire un tel voyage.
 Au matin, à peine la lueur du soleil ayant quittée sa couche, une horde de femmes, d’hommes, fourches, faux, piques, fusils en main arrive devant la demeure. Quelques gardes nationaux, restant fidèle à Hubert de Pompiac, étaient postés aux fenêtres tenant en joue les assaillants, prêt à faire feu au moindre mouvement belliciste.
  Il y eu un silence pesant qui s’abattait sur le lieu, le siège était commencé, chacun mesurant fait et geste de l’autre. Benoît au balcon du premier étage évaluant la situation. Le Chevalier présent lui aussi était à la fenêtre de l’étage supérieur de la loge de Gaudelin, il haranguait la foule, l’invitait à regagner leur foyer, à ne pas commettre un acte irréparable et peu courageux.
 Dans l’encoignure d’une porte, bien appuyé contre le montant, un jeune écervelé tendit son fusil, mit en joue Le Chevalier, appuya sur la gâchette, la détonation résonna dans la rue, Le Chevalier chancela et se redressa, la balle l’avait touché à l’épaule gauche, la garde n’attendit aucun ordre et fit feu sur le premier rang massé devant la demeure, après avoir reculé, la foule revient plus déterminée encore, un tronc d’arbre servait de bélier et frappait la porte cochère. Celle-ci céda, elle envahie la cour, venant des étages les coups de feu claquent, des corps s’écroulent souvent écrasés par ceux qui tentent d’entrer dans la bâtisse. Quelques uns réussissent à pénétrer dans le hall, Benoît épée à la main descend l’escalier, avec détermination, dextérité il repousse les assaillants.  Ne demandant pas leur compte, comme–ci une clairvoyance s’était emparé d’elle, la foule se retira, quittait les lieux. Les blessés furent transportés à l’Hôtel Dieu de Villeneuve, les morts déposés devant le cimetière où les familles venaient récupérer les siens avant de les inhumer. Sans suivi une longue période de trouble, souvent verbale.


Benoît se retrouva enfermé dans une geôle, il sera jugé par l’accusateur public, il lui est reproché d’avoir été en collusion avec l’ennemi. La bataille juridique fût âpre, difficile, mais cela tournait à son avantage, l’accusateur public ne trouvant pas cela à son goût chargea de faux son accusation. L’inévitable arriva, Benoît était condamné à être décapité en place publique de Sens.

 

A suivre

dimanche 19 janvier 2014

Benoît et le grand tour (99)

  Hubert sert les poings, le carrosse a repris sa route vers la demeure familiale, ses yeux sont embués, il est plus fragile que Benoît, il ne veut pas sortir sa tête par la fenêtre de la porte craignant que son amour ne le remarque, il a une certaine pudeur, à cet instant précis, il regrette son dérapage avec Gustave Adolphe, lui aussi devra faire pousser une branche à l’arbre des Pompiac, sa promise l’attend… le carrosse disparaît au tournant de la rue du Bœuf, Hubert se ressaisi, il le faut avant de franchir le portail de la rue de la Feuille battue, ses pensées reviennent à l’instant qui va suivre, le portail s’ouvre, le chien de Gaudelin a reconnu le bruit des sabots, les chiens ont cette propriété de reconnaître se qui est à la maison. Peut être moins par la sonorité que par l’odorat qu’ils ont bien plus développé que nous. Les domestiques se ruent sur le carrosse et défont la malle, accueil le jeune Hubert, Pompiac père et mère arrivent sur le perron, pas d’exubérances dans l’accueil du rejeton, mais une invitation à prendre un bain qui le délassera, une servante prépare la baignoire, verse l’eau chaude, il y en a toujours à disposition au coin d’un feu, Hubert dénudé plonge son corps dans ce délassement qui lui est offert, de nouveau les parents sont avec lui et commence le long récit de l’aventure… du moins ce qu’il peut dire, pas sa relation particulière avec Benoît, il s’enquière aussi de la santé de Meunier, Pompiac père le rassure, son précepteur est remis de sa mésaventure. Il revient de loin. Il passa presque une heure dans le bain, il allait en sortir, une servante lui posa une sortie de bain sur les épaules et disparue très vite, ses parents c’étaient éloigné, une fois sorti et vêtu, ils reviennent et reprennent la conversation du moins ils écoutent son récit de voyage.

  Benoît de son coté déballe la malle et offre des cadeaux à ses sœurs, ses parents, des petits souvenirs venant de divers pays traversés, tout en contant leur provenance, et débitant les mots de ce voyage extraordinaire. Il n’oublia pas le petit dernier qui vit le jour lors de son long périple, il ramena des fripes brodées et des soies, comme c’était encore d’usage, une petite robe pour son frère, mais cela devenait moins courant. Des familles encore attachées à cet ancien usage qui permettait bien des aisances au garçon avant que le port d’un pantalon ne vienne souligner sa masculinité. C’était un jeudi, dans les moments de repos en mi-journée ou le soir avant le coucher, Benoît raconte le voyage, ne manque aucun détail, omettant lui aussi sa relation particulière avec le jeune marquis. Seul le dimanche marquera une coupure dans la semaine, messe le matin et vêpres l’après midi ponctuaient la journée. Le beau temps offrit une balade en bordure de la rivière et Benoît en profitait pour finir de conter l’aventure.


jeudi 14 mars 2013

Benoît et le grand tour (24)


Précédent 22:

 

Elle chassa bien vite ces mauvaises idées, serra très fortement son fils sur sa poitrine et l'embrassant sur le front à plusieurs reprise, ses soeurs en firent autant en lui souhaitant un bon voyage et l'invitant à revenir vite, sain et sauf.

Avec son père ils sont devant la porte de l'hôtel des Pompiac, Benoît toque le heurtoir, Gaudelin lui ouvre, salut les deux hommes, sur son indication deux domestiques s’emparent de la malle et la porte dans la cour. Père et fils s’étreignent, le sieur Chaudeur est ému de sentir son fils s'éloigner, il cache cette émotion avec quelques boutades. Benoît entre dans la demeure, son père fait le chemin inverse, une fois suffisamment éloigné, quelques perles glissèrent le long de ses joues, il les essuya, reprit son allure patriarcale et rentra dans son logis. Durant ce temps son épouse avait confectionné un petit déjeuner pour requinquer son homme, les filles en profitèrent aussi.

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Les chevaux de tête rasèrent le mur d'en face quand les roues directrices tournèrent pour engager le carrosse sur la route, virage à gauche pour quitter la ville, la rue les menait à l'orée de la ville. A peine le carrosse engagé dans l'artère que résonnait le grincement des vantaux du portail, Gaudelin signait le billet de sortie, comme on dit dans la marine "droit devant". Oh! sil l'idée prenait au jeune marquis de stopper le voyage, c'était encore possible, mais il en subirait les conséquences...
L'attelage allait à bonne allure, pas de galops, une conduite douce et sure, il quittait la voie pavé pour celle en terre, si quelques empreintes dégradées étaient présentent du faites des intempéries, des pierres en fermaient les stigmates. La ville devenait de plus en plus petite, on la voyait à peine au travers des champs de céréales qui sortaient de terre, une légère brise les agitaient, c'était comme des vagues. Benoît se pencha légèrement en avant, souleva le rideau et contemplai le paysage, à l'horizon, sur sa gauche, ce dressait quelques masures, des fermes sans doute pour ce hameau lointain, de la fumée s'échappait des cheminées, les fermiers étaient debout, préparaient leur journée de labeur, prenaient ils quelques tranches de lard sur un morceau de pain, i aurait fallut être avec eux pour le savoir, juste des supputations dans les pensées du jeune homme, il sursauta quand il senti la main de Hubert ce poser sur sa cuisse.
- Alors Benoît... tu regrettes déjà nôtre ville.
Que ne fut pas son étonnement d'entendre le jeune marquis le tutoyer, ce n'était déjà pas dans les usages de sa familles, encore moins dans celle du marquis.
- Non... Hubert, je contemple ce paysage qui est bien différent de celui que j'ai l'habitude de voir en descendant vers le sud quand nous allions aider mon oncle à la fenaison ou aux moissons, ici c'est plus vallonné, plus vert, pourtant nous ne sommes pas loin par rapport à la route du sud, le terroir est vraiment différent.
- J'aime mieux cela, Benoît, je vois que tu as une épée, et ma fois une poignée du plus belle effet.
- Merci pour ce compliment, je l'ai confectionné et fait adapté par le forgeron sur la lame, c'est une pièce unique, peut être quand je prendrais la succession de l'affaire familiale, j'en fabriquerais d'autres... je n'en suis pas encore là.


mardi 26 février 2013

Benoît et le grand tour (20)



 

   Joséphine souleva son masque, saluant le maître et se retira sur un banc pour regarder son protéger évoluer. le maître fit quelques assouplissement pour garder le corps chaud, Benoît et lui échangèrent le rituel des salutations, se positionnèrent, effleurement des pointes et déjà le crissement , le choc du métal, la pièce résonnait de ce chant guerrier. Benoît évita, bloqua l'attaque du maître, puis il tenta la sienne, pas très académique, elle faillit réussir, le maître surpris par cet assaut peu orthodoxe, il le contra et reparti à l'assaut, il ne fit pas mouche là aussi, Benoît avait un certain don à prévoir il pouvait contrer ainsi les attaques. Quelques échangent, puis le jeune homme lança son assaut, croisant, enroulant les lames d'un geste souple, la pointe du fleuret s'incrusta dans la gare de la poignée, l'arme s'envola, le maître était désarmé et sur sa poitrine pointait le fleuret de Benoît, Joséphine applaudi cette réussite, il se leva, ramassa le fleuret et le tendit au maître, Lui et son élève se saluèrent, ainsi prit fin la deuxième leçon sous les félicitations du maître et de Joséphine qui lui tendit une serviette pour éponger son visage en sueur. Une longue pause ou l'on devisa sur les exercices, Benoît ce changea de nouveau sous le regard admiratif du jeune marquis. le maître d'armes prit congé, Benoît allait en faire autant quand Joséphine le saisit par le bras pour lui faire visiter les lieux, cela bousculait ses plans, mais il se laissa porté par le cheminement, la galerie des portraits d'ancêtre du marquis, on pouvait retrouver dans certains les traits de Joséphine, il eu droit à un cours d'histoire, Joséphine était un véritable moulin à parole. Au détours de la visite, Benoît croisa sa tante et ils échangèrent un signe de tête accompagné d'un sourire.
- Vous connaissez cette personne? demanda Joséphine
- Je ne le nierai pas, c'est la soeur de ma mère, autrement dit ma tante.
- Comme quoi le destin, le hasard qui l'accompagne nous réserve parfois de belles surprises.
- Oui, et je ne sais quel signe y voir, mais je suis ici près de vous, à découvrir votre famille et bientôt faire la route à vos coté.

   Pour finir la visite, avant que ne sonne la mi-journée, ils sont dans la bibliothèque, Joséphine lit quelques vers de Ronsard ou du Duc Charles d'Orléans (dont l'oeuvre fut écrite lors de sa captivité durant vingt cinq années en Angleterre après le désastre d'Azincourt), Ils montèrent dans la chambre de Joséphine qui changea de tenue, retour des choses, c'est lui qui est en caleçon et Benoît peu admirer sa musculature et ce torse dont la toison formait une sorte de croix, sa pilosité était aussi brune que ses cheveux. Benoît n'eut aucune tentation de le toucher, combien même l'idée lui en serait venue, qu'il ne l'aurai pas faite. Une fois le jeune marquis paré, ils descendirent à la salle à manger où arrivait tout ce qui devait compter comme couvert. Le majordome plaçait les convives selon le bon vouloir de l'hôte de ces lieux, à sa droite son fils aîné et sa femme, à sa gauche Joséphine, Benoît et le maître d'armes, face au marquis son épouse dans les autres emplacement le reste de la famille.

Après avoir remercié le seigneur pour ce repas, le marquis toujours debout leva son verre de porto, il prit la parole.

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lundi 25 février 2013

Benoît et le grand tour (19)



 
   Tenant le creuset au bout d'une longue pince, le garçon versait le métal dans le moule qui allait lui donner la forme désiré, espérant en tirer quelque chose de beau.
De la matière encore chaude avec un autre outil il étira des fils qui serviraient à sertirent les pierres pour en faire l'ornement de ce bijou. Dans un autre moule de sa confection il fit couler un deuxième creuset, le moule était plutôt en longueur, quatre à six pouces de haut, plus ovale que rond, mais pas trop, une cavité intérieur et en ses travers des excroissances qui transperçaient la pièce, maintenant il fallait laisser faire son travail au temps; demain après la première séance il pourra démouler ces deux pièces.

   Benoît termine ses ablutions, c'était vêtu et prit un quignon de pain qu'il beurra. La servante avait fait revenir des oeufs dans une poêle et grillée des tranches de jambon, dans une chaussette elle avait mit de la chicoré et passait l'eau chaude dessus pour en tirer une boisson qui accompagnera ce petit déjeuner. Repas que le jeune homme ingurgita avec une certaine excitation. Il quitta la maison pour se rendre à celle des Pompiac. En route il semblait heureux, sifflotait, tout lui paraissait dans le même état d'esprit, chaque maison qui ouvrait ses volets était comme un sourire radieux sur son visage, c'est ce qu'il imaginait. Le maçon tout en talochant s'encourageait avec un chant dont on ne sait l'origine, venu d'une région ou d'un pays lointain. Il toqua avec le heurtoir à la porte de l'hôtel particulier des Pompiac, Gaudelin l'ouvrit et le conduisit dans la salle d'armes, Benoît en profita pour observer les différentes armes blanches accrochées au mur entre-croisée derrières des écus ou bien déposées dans un râtelier qui les accueillait quand elles ne servaient pas, il avait un peu de temps devant lui, il était en avance sur l'horaire prévu. je jeune marquis entra dans la pièce portant à bout de bras un paquet, il s'approche de son nouvel ami.
- Tenez Benoît, vous êtes de la même corpulence que moi, aussi cette tenue vous ira bien je pense...ah! oui, j'oubliais... il déposa le paquet sur un banc, serra la main chaleureusement ed Benoît... pardonnez moi de ne pas vous avoir saluer avant de vous présenter cette tenue.
- Vous l'êtes, Joséphine, vous étiez chargé et il n'y a pas malice à cela.
Le jeune homme retira ses chausses, pantalon et chemise, sous le regard attentif du marquis, il restait en caleçon long, enfila le pantalon cintré qui le moulait comme un collant, remis ses chausses, le fils du marquis s'approcha de lui esquissant une caresse du bout des doigts sur la poitrine imberbe de Benoît, ce qui lui fit donner un mouvement brusque en arrière, montrant ainsi une certaine hostilité à la démarche un peu trop amicale à son goût. Joséphine n'en prit pas ombrage, il n'avait pas d'arrière pensée dans ce geste, juste la découverte d'un torse non pourvu de poils et musclé, c'est ce qu'il dit à son jeune ami. Benoît enfila le haut de corps renforcé, cela le protégera de dérapages éventuels de la lame adverse... ou de la touche mettant fin à un échange, dans la réalité sans cette cuirasse, sa vie serait en danger. Le maître d'armes les rejoignit saluant ses deux élèves, quelques mots échangés et Joséphine ouvrit les hostilités. Benoît les regardait, analysait chaque mouvement, coups portés, les attaques, les esquives, la manière aussi de tenir ses appuis, le jeu de bras s'élançant ou au contraire ce rétractant suivant l'assaut ou la défense, chacun d'eux fit jeu égal.

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jeudi 21 février 2013

Benoît et le grand tour (15)


 

Le jeune homme resta béat un court instant en le voyant, c'est qu'il ne maîtrise pas toujours ses sentiments, puis se ressaisi très vite, Joséphine esquissa un sourire, salua le maître et Benoît. Commença l'échange, après quelques mots, une bonne demi-heure d’exercices, les deux "combattants" se saluèrent marquant ainsi la fin de la leçon.
- Maître, pas besoin de vous présenter le sieur Benoît, je crois que cela est fait, mais j'aimerai que vous l'initier à quelques rudiments de l'épée, cela pourrait nous servir dans un futur proche, ah!.. oui, je ne vous l'ai pas dit, père m'envoie faire le grand tour, et Benoît... je suppose... sera de la fête.
- En effet, monsieur le Marquis.
- C'est la meilleure nouvelle de la journée, tenez, prenez ce fleuret et portez ce masque... cela ne vous ennuie pas maître que nôtre jeune ami prenne cette leçon.
- non, puisque c'est votre désir, et il me reste du temps, nos leçons sont d'une bonne heure.
Quelques explications élémentaires et Benoît ce positionne, dans la pièce résonne le croisement du métal, les premiers échangent sont plutôt chaotiques, la main plus sure, le poignet plus souple, le chant des fleurets ce fait plus précis, strident quand les lames ce frottent, le maître tente une attaque, voyant que le garçon ce débrouillait pas trop mal, Benoît l'enroula et bloqua son adversaire. Cela ravit à la fois Joséphine, qui n'en perdait pas une bouchée, et le professeur...
- Ce garçon est doué, monseigneur... je crois qu'il apprend vite... son esprit est vif tout comme son corps.
- Comme vous..maître, je suis agréablement surpris par sa rapidité d'acquisition, je crois que nous en ferons un bretteur redoutable. Messieurs, demain matin à la même heure, comme aujourd'hui je partagerai mon temps, et en début d'après midi pour une troisième leçon à faire avec le sieur Benoît, ce ne sera peut-être pas suffisant, mais à la vue de ces premiers échangent... je n'aimerai vous croiser sur mon chemin... Joséphine sourit en finissant sa phrase.

C'était sans doute le plus beau compliment que l'on pouvait faire au jeune homme. Alors que la séance ce terminait, que les trois hommes se saluaient en vue de la séparation, la porte de la salle d'escrime s'ouvrit, monsieur de Pompiac père entra.
- Bonjour messieurs..., ah!... voilà votre jeune protégé je suppose.
- Oui, père, je vous présente Benoît Chaudeur, fils d’artisan en orfèvrerie... et bonne lame à ce que je viens de voir.
- Mes hommages... monsieur le marquis et merci de m'avoir permis d'accompagner le jeune marquis dans ce voyage.
- Ne me remerciez pas... mais ce n'est pas de gaieté de coeur que je l'ai fait, si Joséphine vous a invité dans cette aventure, je crois qu'il a de bonnes raisons, et ma foi de vous savoir bonne lame me rassure un peu... d'ailleurs, et c'est le but de ma visite, veuillez accepter ceci...
Le marquis sorti, d'une poche, une bourse et la tendit à Benoît qui ne voulut pas l'accepter, mais le marquis semblait s'en offenser et insista, le jeune homme s'en saisi,
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mercredi 20 février 2013

Benoît et le grand tour (14)


Précédent 13:
 

- Voir Benoît loin de nous n'est pas sans me faire tourner le sang, mais c'est vous qui décidez.. mon époux, sachez qu'un jour ou l'autre il quittera le foyer.
-... En lui demandant de montrer ses talents... qui d'ailleurs sont là... j'ai réfléchi tout l'après midi à cette idée...
Ce n'était pas dans les habitudes de sieur Chaudeur de demander l'avis de sa femme, il prenait les décisions tout seul, mais là il dérogea à cet usage.
- ...Oui... mon épouse, je vais donner mon avis, ce qui m'a fait tirailler le cerveau, c'est quand il me dit, que d'apprendre le monde, lui mettrait des armes dans son savoir, j'ai finalement réfléchit à ce voyage, bien que nous ne roulions pas sur un matelas d'or, nous avons la possibilité de lui allouer une bourse, en plus quelques outils, de la matière, il pourra créer et vendre à sa guise le produit de ses mains. Ce qui vous en conviendrez, financera son voyage en compagnie du marquis.. je ne tiens pas à ce que Benoît soit à la solde de cette famille... voilà mon fils, je vous accorde ma bénédiction pour ce périple qui je n'en doute pas, ne sera pas de tout repos. Revenez nous en bonne consistance et plus riches en connaissances.
- Oh!... merci père... je ne m’attendais pas à cette bénédiction... vous m'en voyez très heureux... et je saurai vous en rendre les fruits.

Ainsi vont les choses, après un rejet, puis la réflexion, le père accéda à la requête de son rejeton, sans doute que l'attitude de son voisin y ai pour beaucoup, ce dernier se fâchât avec son fils, des mots plus durent les uns que les autres et le jeune une nuit, avait fait un balluchon avec quelques vêtements, remplit une bourse d'écus et s'échappa en ayant fait une corde avec ses couvertures et draps... Il était parti pour Montpellier suivre des études d'apothicaires et de médecines chirurgicales, ci ces dernières sont possibles, sa mère vieillit à vue d'oeil et tout en reproche au mari. Chaudeur ne voulut pas commettre la même erreur et il ruminât toute l'après midi, la réussite du bijou fini de le convaincre, son fils, pouvait partir à l'aventure, il sait lire, compter, écrire, il est doué dans l'art de la bijouterie, il apprend vite et bien... c'est sur que cela lui fera des atouts pour son avenir, ce n'était pas non plus sans arrière pensées pour lui aussi, pouvoir en tirer quelques bénéfices, la renommé apporte sa dote.

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La brume matinale se dissipait sur la ville, des pas résonnaient sur les pavés, il fallait faire attention où l'on marchait, du ciel tombait des averses douteuses, le contenu des vases de nuit, ou cuvettes ayant servis à des rafraîchissement du visage ou l'art du rasage pour le masculin qui voulait avoir un faciès net et propre de tous poils. Benoît évita tous ces écueils et se présenta à l’hôtel des Pompiac, Gaudelin l'introduisit et le dirigea vers la salle d'armes le maître l'avait précédé de peu, chacun ce saluant et firent les présentations. Joséphine arriva plusieurs minutes après eux, il était dans une tenue que Benoît ne connaissait pas, pantalon fuseau, bottes, corset blanc et masque pour le visage, ce masque est une nouveauté, apportant un peu plus de sécurité lors des entraînements aux maniement de l'épée.
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dimanche 10 février 2013

Benoît et le grand tour (6)


  La femme reprit son chemin d'un pas rapide, c'était le soir et les rues sombres ne la rassurait pas, elle demeurait dans une voie perpendiculaire, ses bruits de talons le signalaient et ils ralentissaient et s'arrêtèrent, le grincement d'une porte fini de laisser entendre les suppositions.

   Joséphine descendit de la calèche, saluant Gaudelin et le cocher, avant de gagner les appartements, il se dirigea vers le concierge et lui glissa quelques mots que l'homme d'un mouvement de tête acquiesça sur ce que le jeune marquis lui avait demandé. Alors qu'il pénétrait en grimpant les marches du perron une porte vitrée s'ouvrit juste avant qu'elle ne l'engloutisse, Gaudelin ouvrait la remise de la calèche, le cocher dans une marche arrière coutumière, guidant le cheval lui trouva la place habituelle, il détela l'animal, le conduisit à l'écurie, l'essuya, lui donna de l'avoine, il fallait attendre un peu que l'effort passe pour que le baquet d'eau arrive devant sa bouche pour le désaltérer. Les soins prodigués, le cocher se dirigea vers les parties communes du personnel de la maison. Comme partout, les femmes aux  fourneaux, plutôt devant un feu dans une cheminée où mijotait une soupe de légumes avec des tranches de lards bien grasses, sur une broche un lièvre attrapé à la chasse l'avant veille. Dans la cuisine des maîtres les cuisinières manoeuvraient les ustensiles sur les potagers (nom des fourneaux, qui étaient en pierre avec une grille au dessus des orifices d'où montait la chaleur et les flammes pour la cuisson, le mijotage des plats). Parmi ce personnel féminin, il y avait une lingère, c'était la tante, par la mère, de Benoît, son père ne pouvait pas l'ignorer, c'est sans doute pour cela qu'il abdiqua pour permettre à son rejeton de se rendre au rendez-vous donné.

   Joséphine monta dans sa chambre, prit le broc d'eau et en versa dans une cuvette en émail, de ses mains qu'il plongea dans le récipient, il s’aspergea et frictionna son visage qui lui donna un air plus propre et frais pour passer dans la salle à manger en compagnie de ses parents et de la fratrie, c'était le cadet, son aînée en compagnie de son épouse prenaient place aussi ce soir là, ses soeurs et deux autres frères dont le petit dernier dérogeant à la tradition portait le prénom de François, Urbain, Ursule de Pompiac, il fallait s'adapter au mouvement; d'ailleurs l'aîné qui lui s'appelait Marie-Pierre, jean, louis de Pompiac, passa dans l'usuel en Pierre-Marie de Pompiac, cet usuel prendra avec le temps la dénomination définitive, on le verra plus tard pour le cadet.

La table était dressée, pas de superflus pour cette famille pourtant de vielle noblesse, mais pas chiche non plus, une nappe blanche brodée de fleurs et d'oiseaux, des assiettes en porcelaine, couverts en argent, timbales
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