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vendredi 30 mai 2014

Benoît…(55)



  Benoît doit nous conduire chez ses parents afin de faire les présentations. Une certaine angoisse vivait en mon  fond intérieur en sachant le peu d’enthousiasme de son père à l’égard  de son fils, je craignais aussi une voltige de bois vert sur lui et des propos accusateurs de détournements pour ma part.
 Benoît avait invité sa fratrie avant la rencontre familiale, sa mère avait accompagné le frère et la sœur le vendredi soir pour le week-end et le dimanche soir elle est venue les récupérer, c’est ainsi que j’ai fait connaissance d’une partie de la famille. Pour la jeune fratrie, pas besoin de la charmer. Son frère et sa sœur trouvent cela cool et nous soutiennent, la mère, plus réservé sans doute, n’en était pas moins fière, là aussi je gardais le naturel, pas besoin de jouer les charmeurs de serpent, c’est entendu nous irons passer les trois jours du début novembre en leur compagnie. Benoît tentait de me rassurer au sujet de son père.
 Nous sommes sur la route, je conduis la Facel-Végas et je suis un peu tendu, Benoît raconte des cafougnettes qui me débrident un peu.
 L’accueil venant de la fratrie est des plus chaleureux, celui de sa mère est plus courtois, je redoute le paternel qui me serra la main mais au geste un peu froid. Si je restais sur mes gardes, je me détendais légèrement. Le père invita Benoît à une mise au point dans son bureau ! Aie !.. Sa mère, le frère et la sœur m’entrainèrent dans le tour du propriétaire, balade et le reste durant la bonne heure de l’entretien entre le père et le fils.
 Alors que je donnais un coup de main à rentrer les plantes craignant le froid, le gel de l’hiver qui s’annonce, même si il fait encore beau et chaud en l’été de la Saint-Martin. Le jardin d’hiver les accueilleras et protègeras jusqu’à la belle saison prochaine. Benoît et son père nous rejoignirent, la mine plutôt réjouie de Benoît me rassura sur la conclusion de ce tête à tête.

  Nous passons à table, madame Amélie Chaudeur avait préparé un bourguignon en plat principal, son père, le roi de la soupe me confiait Benoît à longueur de journée, nous avais confectionné un velouté de champignons. S’en suivit un plat de crudité et un de charcuterie maison, après le bourguignon, la salade, des fromages et une tarte Tatin, je n’oublis pas l’apéro, et le café avec son pousse pour digérer, le vin aussi fût à l’honneur.
Au moment de café avec son pousse, le père de Benoît se leva le verre à cognac en main…
– Je lève ce nectar que la nature sut nous offrir à la santé de nos amoureux, je souhaite qu’il fasse un couple heureux dans la vie qu’elle peut leur apporter…
C’est alors que je me levais et répondis à mon tour.
– Je remercie monsieur Chaudeur…
– Edmond… me reprit son père…
– Je remercie Edmond, Amélie, je vous remercie tous ici réunis de m’avoir accueillit parmi vous, j’aime Benoît et chaque jour, chaque minute à venir je lui donnerai toute ma tendresse et la force de l’amour qu’il mérite et que mon cœur le rende heureux.
– Je lève mon verre à père, ma mère, Pierre et Françoise pour ce jour mémorable, je le lève aussi à ma moitié avec laquelle, j’en suis sur, nous bâtirons un foyer digne de ce nom..
- A votre amour, reprirent en chœur Françoise et Pierre.

Le week-end suivant nous étions au château chez mes parents à sceller là aussi notre vie. Nous avons invité nos familles réciproques à passer Noël avec nous, l’occasion de les réunir autour de cette fête particulière. La bascule de l’année sera consacrée aux amis.


lundi 14 avril 2014

Benoît … (27)


   Je repense à ce choix réservé au nom de Benoît Chaudeur, la suite bien sur mais aussi le studio pour nos amis. Qu’es-ce que cela peu bien cacher. Benoît ne m’a rien dit de cette escale, surtout la réservation de l’hôtel, oui il y avait bien un point d’interrogation sur le cheminement à Potsdam, je vais tacher d’en connaître le fond, le secret. 

Nous récupérons les badges pour ouvrir les portes des chambres, l’ascenseur arrive à l’étage, nous voici dans le couloir, saluons et souhaitons une bonne nuit à Malvoisin et Meunier, la carte passe devant l’œil et la porte s’ouvre, nous pénétrons dans la suite, Benoît va à la fenêtre et tire le lourd rideau qui isole la pièce des regards extérieurs, il entreprend son effeuillage, je dis effeuillage car il ressemble plus à un Chippendale, un gogo boy dans une boite de striptease, son corps ondule, j’ai l’impression d’entendre un morceau langoureux d’un saxo sur un slow lent de deux heures du matin, sa façon de mouvoir son corps me met dans une certaine excitation, au fur et à mesure que la marguerite perd ses pétales, celles-ci volent sur un des fauteuil, de temps en temps il vient se frotter sur moi, je le trouve vraiment bizarre ce soir, il ne m’avait pas habitué à une telle mise en scène, tout en ayant le corps en émoi, mon cerveau cogite encore, bientôt c’est sur il descendra réfléchir plus bas…

Benoît est nu, il caresse sa verge sur mon torse, enfin si je puis dire car je suis encore habillé, pas pour longtemps, Benoît s’occupe de la chose. Sa nudité est assaillante, bravache, arrogante, son sexe commençant à trouver une forme redressé, à mon tour je suis nu, mes fringues ont rejoint l’autre fauteuil.
– Je t’aime.. la chemise atterrît sur le fauteuil,
– Un peu, le tee shirt suit son voyage,
– Beaucoup, mon pantalon prend le même chemin. Chaussettes, slip… me voilà nu, mis à nu par ses mains, il me caresse, m’embrasse, s’occupe de mon sexe, l’élève au rang d’adorateur du ciel, il se baisse, je commence à comprendre, deux minutes de fellation, il se redresse, me pousse, je tombe sur le lit, un corps à corps est en route, nous roulons sur le lit, un coup dessus, une autrefois dessous, dans l’action, je bascule entre ses cuisses et entreprend cette fellation tant rêvé. Benoît allait m’offrir se que j’attendais, le fruit de son amour. On s’enlace, s’embrasse, caresses…

– Hubert… je t’aime, et tu le sais, le savais, t’en doutais. Ici, à Potsdam je scelle notre amour, j’imagine que tu te doutes du pourquoi, de cette déclaration, deux siècles plus tôt nos aïeux ont compris leur amour en cette ville, la tentative de mettre fin à la torture qui rongeait ton ancêtre, le mien qui ouvrait les yeux… Je leur rend hommage en déclarant ma flamme, mon amour, en t’ouvrant mon cœur, Hubert je t’aime et j’en suis sur nous irons loin ensemble. J’ai su dès notre rencontre que l’amour vivait en moi, que ses étincelles brillaient en nous, j’aurais aimé te le chanter, louer, annoncer au tout début, mais j’ai résisté, et l’idée de ce voyage a germé… Nous sommes présent avec le passé et nous bâtissons l’avenir, le notre, je suis fou de toi, je t’aime Hubert.

  A suivre

lundi 31 mars 2014

Benoît…. (13)



  Troisième période, la grande guerre. Entre les deux, il y eu une éclipse de plus entre nos relations, chacune des familles retrouvant ses quartiers et préoccupations. C’est en 1916 que se renoue le fil. Mon arrière grand père portant secours à des hommes, trouva dans ceux-ci Eugène Chaudeur, il y eu des présentations, nos trisaïeul se retrouvèrent, Eugène Chaudeur remerciant chaleureusement Albert de Pompiac, lieutenant d’infanterie du même régiment mais de section différente. La refonte après cette journée fit qu’ils ne se quittèrent plus, Albert de Pompiac sera promu capitaine et Eugène Chaudeur devient sous-lieutenant. Ils combattirent ensemble, l’armistice sonna le 11 novembre à 5h 15, mais ce n’est qu’à 11 heures quelle devient effective. Ils sortirent tous deux avec des grades supérieurs, Albert devient commandant et Eugène sera capitaine, ayant entre temps été promu au niveau de lieutenant. Le contact cette fois-ci restera durant quelques années, et la vie civil finie son œuvre d’éloignement. Les mariages, et tout le reste, la dernière fois qu’ils furent ensemble, c’est durant l’été 1930, où Albert invite au château la famille Chaudeur pour quelques jours, les enfants partagèrent les jeux, l’aîné des familles avaient dix ans, presque du même jour ! il faudra attendre la drôle de guerre pour qu’ils se retrouvent. Ce ne sera pas dans la débâcle, mais plus tard dans le maquis. François Chaudeur était agent de liaison et radio dans un réseau du côté de Trucy l’Orgueilleux dans le nivernais, il y retrouva Lucas de Pompiac, puis ils passèrent en zone libre plus sure, prenant encore plus de risque ils allèrent en Haute Saône faire des coups de mains et passerons par Lyon pour finir dans la Drome. Ils graviteront dans les rangs de Alain Le Ray dans l’armée de l’Isère, combattant l’ennemie durant l’hiver 1944/1945, puis ce fonderont dans la 1ère armée, plus connue sous le nom de Rhin et Danube du Maréchal De Lattre de Tassigny, c’est les seul qui passerons en Allemagne, certes ils ne seront pas sur les traces de Hubert et Benoît, mais c’est déjà un symbole. Leur lien ne fût pas seulement amical, ils étaient très proches, une véritable passion digne de Benoît et Hubert, quelques témoignages l’attestent. L’escapade outre Rhin terminée, la démobilisation, comme ceux de la grande guerre, ils retrouvent la paix civile.

 

A suivre…

jeudi 27 mars 2014

Benoît… (9)


  Sortant de l’office, un autre rituel ! Prendre un apéritif au bar du coin, un verre d’un blanc liquoreux, un Monbazillac avec quelques petits gâteaux sec que j’avais acheté pendant qu’ils s’installaient dans le café. J’avais laissé Benoît en leur compagnie, mon frère tenta de l’intimidé, mais père qui avait un certain sens de la famille, et sans doute en avait il deviné mes émois, le remit à sa place, coupant court à toute velléité de sa part. Je le sut quelques jours plus tard, et venant de mon frère lui-même, propos porté par les ondes du téléphone. – « Que j’ai de la chance de bénéficier du soutien de notre père », j’en souris, il ne pouvait pas le voir, et finalement il me laissera en paix avec ma vie. Un repas léger, une promenade dans les environs. La fin de l’après midi sonna au carillon du salon, nos bagages étaient dans le coffre de la Facel-Véga, nous saluons la famille, embrassades, poignées de main, même des plus chaleureuses, mon frère se montra plus cool avec Benoît.
– Benoît, tu viens ici quand tu le veux, tu es le bienvenue dans la ‘famille’ dit mon père.
  Si ce n’est pas moi qui l’accroche à mon cœur… encore que… c’est mon père qui l’a déjà adopté.

 Sur la route de Paris, nous parlons de ce temps que nous n’avons pas connu. Le rôle que son ancêtre joua pour sauver les miens durant cette période révolutionnaire. L’amour aussi de ces illustres prédécesseurs, Benoît me regarde, sourit, il sait se que je pense, récent pour lui, se qui me ronge, il posa un court instant sa tête sur mon épaule. Mon âme travail, mon corps aussi. Lui ne laisse rien transpirer, si se n’est ses petits gestes comme celui-là. Cet amour est comme une lame qui me torture et je n’ai pas  envie de vivre la douleur de Potsdam. Non je  ne pourrais pas résister longtemps sans lui déclarer ma flamme. Il ferme les yeux, la tête revenue sur mon épaule, il semble apaisé, peut être que le roulement de la voiture le berce, l’endort, heureusement qu’il ne me mate pas car dans mon pantalon s’érige une statue évocatrice de mes sentiments, de mes pensées peux avouables, de mon désir de l’avoir en moi, des images défilent, je résiste à la tentation, même d’un solo… Le poste donne des infos sur la route, de la musique qui libère mon esprit et la tension qui allait avec. Nous arrivons dans la banlieue sud, la traversons, les bénéfices d’un week-end à la campagne sembles s’évanouir par la pollution ambiante, nous ne sommes pas seul non plus, la circulation en accordéon, je n’aime pas cela, enfin la porte d’Orléans, je ne prends pas le périphérique, mais direction Denfert-Rochereau, puis celle du quinzième arrondissement, je dépose Benoît devant l’immeuble où vie son être, nos joues reçoivent nos bises, c’est bien sage après ces fantasmes, mais en est-ce, je le suis des yeux, j’ai envie de tout plaquer, de monter chez lui, j’ai le feu dans les veines, j’ai envie d’être près de lui, d’être avec lui.

 

A suivre

mercredi 26 mars 2014

Benoit…(8)


Monsieur de Pompiac servit un alcool blanc pour ceux qui en veulent et pour la gente féminine préférant une Marie-Brizard. Le passé de nos familles était loin, l’actualité l’ayant remplacé, celle de la France, de l’Europe, du monde. Les avis étaient très ouverts, divergeant, surtout entre mon frère et moi, mon aîné était plus proche de celles de notre père, j’étais dans un univers plus ouvert, éloigné du leur, de ce qu’ils représentent.
– Ah !, la Capitale, l’université, l’éducation nationale embrouille bien l’esprit de nos enfants, dit mon père.
   Une heure de bavardages aussi intéressants que stérile, une sorte de café du commerce dans des murs dorés, interrompu, mis en sourdine par un concert de Brahms effectué par l’orchestre national de Budapest, Benoît qui semble beaucoup l’apprécier l’écoutait religieusement, son âme était partie là bas. Arrive l’heure de rejoindre les chambres, au moment de nous séparer, Benoît et moi échangeons une salutation avant de pousser la porte de nos chambres qui abriterons nos rêves les plus fous. J’ai eu du mal à m’endormir, mes pensées vagabondaient vers l’autre côté de la paroi qui séparait nos pièces, elles étaient vers Benoît, j’aurais aimé partager sa couche. Au matin du dimanche je me levais et ne m’attendais pas à une volée de bois vert par mon aîné, il avait remarqué la façon dont Benoît et moi nous nous quittions avant le coucher, pourtant rien de très explicite, une accolade qu’il jugea inappropriée, il disait qu’elle était équivoque, pourtant rien de sexuel dans ce geste, juste une marque d’amitié. C’est vrai que nos lèvres étaient à deux doigts de se rencontrer, combien de fois cela arrivait entre nous, entre père et nous, ce n’est qu’un mouvement de tête, rien qui puisse permettre une telle attaque, et combien même cela serait, c’est mon problème, ma vie, pas la sienne. En nous quittant pour le rez-de-chaussée il me lança – « Qu’il n’aimait pas voir de Pédé dans la famille » ce à quoi je lui répondit – « Que je n’étais pas le premier dans la lignée, que dans toutes les fratries qui nous précédées ils y en eu, et que certain furent même décapités, privilège de la noblesse, sinon pour les autres c’est la corde et le bûcher ». Non mon frère tu n’as pas le droit de me juger, de te mêler de ma vie. Et si nos âmes flirtent, on ne peut encore présager de l’avenir. Heureusement que l’accroche avec mon frère ne gâchât pas la suite du dimanche. Le matin nous allons à l’église, il est onze heures, une cérémonie toujours prisée par la famille, je suis plutôt réservé sur la conception de cette foi, je dirais même de toutes les pratiques religieuses, chaque jours qui passent m’en éloignent, Benoît, par sympathie, politesse nous y accompagne, j’ai compris que lui est plutôt athée, il fait un effort considérable, j’apprécie sa valeur. 
A suivre…

lundi 24 mars 2014

Benoît…. (6)






De ma courte vie, je n’avais jamais ressenti cette force d’inertie qui habitait en moi, elle ne se manifesta pas lorsque j’entendis son nom à l’université, mais  subversivement quand je le l’aperçut, et surtout ce vendredi soir quand nous étions assis l’un à coté de l’autre à feuilleter son livre de famille. En moi une chose étrange était venue s’immiscer. Je ne connaissais pas sa puissance redoutable. Le cœur en affolement, j’ai du prendre sur moi pour l’apaiser. Déjà le premier soir j’en ressentis l’effet, mais c’est surtout ce vendredi quand il a franchit la porte de mon appartement que mon trouble se produisit, je n’avais que les yeux de Chimène pour lui. N’ayons pas peur des mots, je suis tombé en amour pour son âme, j’avais le désir fou de partager sa vie, de la faire ensemble. Je crois qu’il le comprit en me donnant son plus beau sourire, je le garderais au fond de moi quoiqu’il arrive et ce jusqu’à la dernière seconde de ma vie. Se sourire qui me tourmente, tourmentera, j’en suis certain, quelque soit nôtre devenir, nos rapports d’amitiés. Je me sentais comme une midinette attendant la déclaration de cette flamme venant de son amour.

 Tout le week-end fût à évoquer ce cheminement des liens entre nos familles. Mère découvrait au fur et à mesure cette particularité. Comme durant ces deux siècles, de longues séparations comme celle entre 1945 et aujourd’hui à l’aube d’un nouveau millénaire. Bizarrement, il n’y eu pas de mariage entre nos familles, oh ! ce n’est pas que je le regrette, mais c’est une éventualité qui aurait pu ce produire. A l’évocation de ces parcours, mère était subjuguée par cette longue histoire et tout en émotion aussi avec le drame de Potsdam où Hubert tenta de mettre fin à ses jours par amour pour Benoît. 

En cette fin d’après midi du samedi, il faisait encore bon, le soleil luisait suffisamment haut pour tenir encore la chaleur de cette journée. Benoît et moi faisons quelques pas dans le parc de la propriété afin de dégourdir nos jambes, nous parlions encore de ce passé. Nous étions cote à cote et comme de rien je sentis son bras se poser sur mon épaule tout en douceur. J'étais à la fois déstabilisé et heureux de son geste, je ne montrais pas mon trouble. Juste le rictus d’un sourire plein de bonheur, un sourire qui dit oui, tu peux me prendre par l’épaule, la taille si tu le veux. Une cinquantaine de mètre, un peu plus peut être, à marcher vers le bel étang à la couleur d’acier sur lequel le soleil laissait trainer son reflet. Des pas vers lui, des pas vers l’amour sans doute. Sur l’étang canards, cygnes, oies et autres volatiles aquatiques vivaient de leur nonchalance. Nous arrivâmes devant une roseraie où ces animaux élèvent domicile, on peu voir un nid de cygnes, entendre les poules d’eau. Nous stoppons notre marche devant ce spectacle que nous offre la nature, Benoît me regarde fixement dans les yeux, il cherche une réponse, nos yeux plongent dans nos corps comme ils le firent il y a peu, nous sommes face à face. Une attraction comme celle d’un pôle d’aimant sur une feuille de métal, es-ce un effet d’optique, mais nos visages semblent se rapprocher. Un mouvement de bascule et nous glissons dans l’herbe, nous y roulons comme deux gamins, nous sommes heureux, joyeux, à ce petit jeu, nos lèvres s’effleurent, juste un courant d’air. Je sentais monter en moi la virilité qui était mienne, mais aussi le désir de partager nos corps. Nous étions à la limite de caresses amoureuses.
L’ombre du drame de Potsdam… 

 
A suivre

dimanche 23 mars 2014

Benoît… (5)



  J’étais au volant de la vieille Facel-Véga III, (marque française qui cessa son activité au cœur des années 1960), elle était bien entretenue par le garagiste du bourg, un passage de génération, cela existe encore, mais devenant rare. Nous roulions vers le nivernais en terre familiale. Le crépuscule était derrière nous. Le drap noir s’étire au-dessus de nos têtes au fur et à mesure que nous avançons pour le château. Je stoppais le véhicule devant les grilles du portail, je les ouvre, pénètre dans le chemin du parc, ferme les grilles et reprend les quelques cent mètres qui nous séparent du perron. Je gare la Facel-Véga devant lui, un domestique arrive, il ouvre le coffre et sort nos bagages et rentre dans le hall du château. Seul nos sacoches sont encore dans nos mains. Benoît serra la main de mon père et je vis son visage s’illuminer.
– Ah !... mais vous êtes tout le portrait d’un Chaudeur !.
– En effet père, je vous présente Benoît Chaudeur.
– Comme je suis heureux de retrouver un descendant de cette famille si cher à nos cœurs.
– C’est un plaisir partagé et un  honneur de vous rencontrer.
– Armand !...
– Monsieur…
– Vous installerez Benoît Chaudeur dans la chambre bleue au 1er étage.
– Bien monsieur.
 Armand disparu avec les bagages vers la chambre désigné. Benoît occupera la chambre bleue à coté de la mienne, dont la couleur saumon me sied bien, c’est reposant, tout le décor tourne autour entre des rouges qui mettent en valeur cette tapisserie, des rappels par-ci par-là… Dans ses murs que j’aimais bien régnait une certaine douceur.

Père, Benoît et moi, mère nous rejoindra un peu plus tard et je fis les présentations. Mère n’est pas trop au courant de ce passé, de ce croisement de vie entre nos deux familles, ce n’est pas que cela ne l’intéressait pas, mais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, chacune avait suivit une ligne qui nous avait bien éloignée, la rencontre de Benoît au bahu remettait tout sur les rails. Bien sur, il y a des tableaux de cette époque lointaine où nos deux ancêtres y figurent, mais jamais une question ne lui était venue à l’esprit. Père et ses parents ne l’on pas instruite en leur temps de ces personnages. Pour ma mère c’était sans doute encore un peu de timidité ou de pudeur de ne pas en demander plus sur la lignée des Pompiac. Ce week-end sera riche d’enseignement pour elle et les retrouvailles de ses fantômes  pour nous.

A suivre

vendredi 21 mars 2014

Benoît… (3)


 Je lui donnais ma carte de visite, je demeurais rue des Belles feuilles dans le 16ème arrondissement de Paris, non loin du bois de Boulogne. Benoît lui logeait dans la quinzième rue de Lourmel dans un deux pièces, il me donna en échange la sienne.
 Le soir venu, Benoît me rejoint. J’avais fait quelques achats chez un traiteur de l’avenue Victor Hugo, lui il apporta une bonne bouteille de vin et des gâteaux. J’ignore sa vie, et lui dis qu’il n’avait pas besoin de faire de telle folie. Nous pouvons parler de ce passé commun. « Comment Benoît, son ancêtre, sauva ma famille de l’échafaud, bien que républicain dans l’âme, comment il empêcha la saisie de nos biens, certes, une partie des terres agricoles furent redistribuées aux fermiers, paysans du village. Contre toute attente, des paysans rechignaient à les accepter, il fallut presque que le comité républicain les y força, pour d’autres ce ne fut pas le cas, un arrière goût de vengeance envers les possédants, cette haine aussi frappa de la part de ses gens ma famille. Pourtant nous ne les maltraitions pas, au contraire, notre famille tenait à ce qu’ils ne manquent de rien. Ces moments troubles ne font pas de discernements, du moins pour une partie des deux cotés de la barrière. Si le château fut préservé du pillage, ce n’est pas le cas de la résidence dans la ville qui reçut les assauts des plus agités de Villeneuve le roi. Benoît Chaudeur, élu délégué du peuple de la ville auprès du Tiers Etat s’interposa, des dégâts mais pas de pillage. Je remerciais (comme sans doute bon nombre de mes anciens l’on fait bien avant moi), Benoît envers la famille Chaudeur pour ce dévouement. Mon ancêtre de Pompiac, trop vieux pour supporter un  tel voyage resta au château dans le désordre qui régnait lors de la grande révolution. Benoît fourni des sauf-conduits pour les membres de la famille, division en plusieurs branches, passage par l’Espagne, se réfugiant dans les iles Canaries, d’autres passèrent par la Suisse, remontant par l’Allemagne, la Hollande, gagnant l’Angleterre. Hubert avait rejoint cette dernière, une autre partie resta en Suisse. Ce n’est qu’après la chute de l’empereur que la famille des Pompiac revint en France. Hubert dans son cercueil.
   Ils étaient là à parler de cette époque bien lointaine.
­– Benoît, si tu le veux, le peux, ce week-end nous irons au château, il y a des archives, nous pourrions les consulter et remonter le temps, vivre les péripéties de nos familles, elles y sont consignées. Et qui sait si nous n’en écrirons pas une de plus.
– Volontiers Hubert, de revivre un passé si exaltant. Je tacherais de venir avec quelques brides des miennes, car sur un grimoire, mes aïeux on conté cette vie depuis le grand tour jusqu’à la résistance.

  Ainsi nous allions remonter le temps, revivre leurs aventures, une certaine exaltation nous habitait, c’était étrange quand même que plus de deux siècles en vie parallèle nous amène à nous retrouver, le destin a ses mystères,  ils sont plus impénétrables que ceux des Dieux.

jeudi 6 mars 2014

Benoît et le grand tour (132)


 Une femme d’un certain âge était venue lui porter un pli. Il reconnu le cachet de cire venant de chez Chaudeur, il le décacheta énergiquement, il avait un mauvais présage. Il blêmi, ses yeux s’embuèrent, la peine envahissait son âme. Quelques mots laconiques.

«  Le citoyen Benoît Chaudeur nous a quitté, sa mise en terre aura lieu mercredi prochain »

  Simple, cinglant, il reçut le message comme un coup de fouet sur son visage.

« Je m’apprêtais à lui rendre visite, c’est trop injuste, nous n’avons pas eu assez de temps pour parler, le remercier de ce qu’il a fait pour ma famille, c’est trop injuste Benoît… Tu vas me manquer. »

   Hubert se rendit chez son ami, il resta à veiller avec la famille. Apporta sa consolation à Colette Chaudeur et ses fils présents. Il aidait aussi à l’organisation des gens venus lui rendent hommage, c’est que Hubert jouissait d’une grande notoriété.
  Benoît eu une cérémonie et une mise en terre digne d’un chef d’état, sa gentillesse, son charisme en font un grand homme de Villeneuve. Colette sa femme put mesurer à quel point il avait compté pour la ville.

 Une quinzaine passa, Hubert regagna l’Angleterre, il ne revint jamais sur ses terres, si ce n’est pour que l’on y dépose sa dépouille.

Bonaparte était devenu Empereur.

  L’amour de Benoît et Hubert s’oubliera dans les nuits des temps, les familles n’en découvriront, ou plutôt à force de lire et relire la narration du grand tour, la lecture entre les lignes ouvrit les regards envers lui.

  Les familles se dispersent, Chaudeur s’installera à Paris, les descendants des Pompiac resteront sur leur terre. Le carnet de voyage soigneusement rangé au fond d’une bibliothèque, pratiquement inaccessible. Fallait-il oublier cet liaison contre nature, c’est ce qui transpire, pourtant dans chacune des familles elle est soigneusement cachée, conservée.


                                              Fin de la première partie


jeudi 30 janvier 2014

Benoît et le grand tour (111)

  Le père de Benoît est au plus mal, il souffre du ventre coté droit, sans doute l’appendicite, mais à l’époque on n’en connaissait rien de ce phénomène et pas rare que l’on étouffait les personnes atteintes sous prétexte qu’elles étaient dominées par le démon. Claudius Amyand médecin français exilé en  Angleterre en fait le première ablation, un jeune médecin nouvellement installé en est instruit mais ne sais pas comment procéder à l’opération, il faudra attendre la fin du 19èmesiècle pour que le médecin français, Paul Georges Dieulafoy en fasse le diagnostique complet et détaillé. L’état du sieur Chaudeur s’aggrave il sombre dans un sommeil profond, la douleur semble laisser place à un apaisement plus ou moins fiévreux. Il n’ouvrira plus les yeux, la mal l’emporte vers un autre horizon. Benoît prend sous sa protection la famille, organise les funérailles du père, sa mère en est incapable, tourmentée par la douleur de cette perte, pas plus que la fratrie, Benoît ne montre, comme d’habitude, ses sentiments, son état d’âme, un stoïcien sans doute.

   Hubert avait caracolé vers Nantes, il parlait à son cheval, lui disant sa longue absence, qu’un écuyer prendra soin de lui pendant ce temps là, en effet il le confie à l’écurie de la garde royale de Nantes. Il est sur le quai, face à la frégate qu’il admire au plus profond de lui, il monte à bord, accueillit par son commandant, un mousse le conduit à sa cabine portant aussi son bagage, Hubert se pare d’habits civil et range sa tenue militaire dans le double fond de la malle. Le soir, veille de l’appareillage, il dîne en compagnie des officiers du bord à la table du commandant, il y a aussi deux autres civils.
– C’est une tradition chez moi, avant de lever l’ancre je partage le repas de la veille avec mes seconds et les éventuels passagers que l’on m’a confiés.
– Merci commandant et très bonne tradition, dirent les trois civils dans un chœur digne d’un classique des scènes antiques.

 Hubert lui se sent bien dans ce monde marin, il en connaît un petit bout, sauf qu’ici il est dans la Royale et non plus sur un navire marchand, chaque homme est responsable de son poste, répond à une mise en scène bien huilée, du moussaillon au commandant, tous connaissent leur rôle et à défaut, quelques manœuvres durant la traversée les rappellent à l’ordre ou aguerri leurs gestes.
A suivre

jeudi 23 janvier 2014

Benoît et le grand tour (103)

  Hubert lança une invitation au jeune couple, il fallait se déplacer au château familial, à la propriété des Pompiac. Le jeune marquis, dans un bel uniforme de la garde royale épousait Elisabeth de Forgerolles, l’union se faisant dans la chapelle du château et Benoît, comme Hubert quelques temps auparavant l’avait été, sera son Témoin au côté du frère aîné. Hubert aussi avait une belle sommes à engagée, il l’avait acquise au jeu, passe temps dont il y mit un terme. Son père lui octroya un petit domaine en dotation, Elisabeth possédant quelques terres héritées de son père dans le même bourg en faisait un bon patrimoine. Après la cérémonie religieuse, naissance, mariage, décès étaient enregistrés dans un grimoire de la paroisse qui faisait office d’état civil. Une table était dressée pour un repas autour des jeunes mariés. Hubert était resplendissant dans son uniforme, il le portait bien. A la fin de ce gargantuesque plaisir de la bouche, Hubert invita Benoît à visiter la propriété, les terres à cheval et la demeure, un beau manoir, ils sont seul, tel des anciens se souvenant du passé plus ou moins lointain, ils dissertaient sur le temps partagé ensemble, le désir aussi de retrouver le plaisir de la chair n’était pas absent. La visite du manoir est propice à une occasion de laisser leurs effusions sentimentales se libérer une fois de plus. L’intensités de celles-ci laissent supposer que leur échange amoureux est le dernier. Ils ont  fondé un foyer, Hubert est militaire de surcroit, loin de tout, Benoît mène sa barque, ses affaires. Colette prend des rondeurs, c’est tout frais mais les symptômes d’une grossesse sont bien présents. Ils réajustent leurs tenues, remettent de l’ordre dans les chevelures, retrouvent une prestance ne laissant rien voir du mélange qu’ils viennent de vivre. La visite se termine, de retour auprès des convives, ils devisent une fois de plus sur ce grand tour qui leur appris tant et tant de choses, un enrichissement personnel que Hubert couche sur des feuilles de papier, Benoît lui le dessine, mais aussi ayant tenu un journal sur ce voyage, il le met au propre afin de le rendre plus lisible pour ses descendants.


                                       Image du web
A suivre


dimanche 19 janvier 2014

Benoît et le grand tour (99)

  Hubert sert les poings, le carrosse a repris sa route vers la demeure familiale, ses yeux sont embués, il est plus fragile que Benoît, il ne veut pas sortir sa tête par la fenêtre de la porte craignant que son amour ne le remarque, il a une certaine pudeur, à cet instant précis, il regrette son dérapage avec Gustave Adolphe, lui aussi devra faire pousser une branche à l’arbre des Pompiac, sa promise l’attend… le carrosse disparaît au tournant de la rue du Bœuf, Hubert se ressaisi, il le faut avant de franchir le portail de la rue de la Feuille battue, ses pensées reviennent à l’instant qui va suivre, le portail s’ouvre, le chien de Gaudelin a reconnu le bruit des sabots, les chiens ont cette propriété de reconnaître se qui est à la maison. Peut être moins par la sonorité que par l’odorat qu’ils ont bien plus développé que nous. Les domestiques se ruent sur le carrosse et défont la malle, accueil le jeune Hubert, Pompiac père et mère arrivent sur le perron, pas d’exubérances dans l’accueil du rejeton, mais une invitation à prendre un bain qui le délassera, une servante prépare la baignoire, verse l’eau chaude, il y en a toujours à disposition au coin d’un feu, Hubert dénudé plonge son corps dans ce délassement qui lui est offert, de nouveau les parents sont avec lui et commence le long récit de l’aventure… du moins ce qu’il peut dire, pas sa relation particulière avec Benoît, il s’enquière aussi de la santé de Meunier, Pompiac père le rassure, son précepteur est remis de sa mésaventure. Il revient de loin. Il passa presque une heure dans le bain, il allait en sortir, une servante lui posa une sortie de bain sur les épaules et disparue très vite, ses parents c’étaient éloigné, une fois sorti et vêtu, ils reviennent et reprennent la conversation du moins ils écoutent son récit de voyage.

  Benoît de son coté déballe la malle et offre des cadeaux à ses sœurs, ses parents, des petits souvenirs venant de divers pays traversés, tout en contant leur provenance, et débitant les mots de ce voyage extraordinaire. Il n’oublia pas le petit dernier qui vit le jour lors de son long périple, il ramena des fripes brodées et des soies, comme c’était encore d’usage, une petite robe pour son frère, mais cela devenait moins courant. Des familles encore attachées à cet ancien usage qui permettait bien des aisances au garçon avant que le port d’un pantalon ne vienne souligner sa masculinité. C’était un jeudi, dans les moments de repos en mi-journée ou le soir avant le coucher, Benoît raconte le voyage, ne manque aucun détail, omettant lui aussi sa relation particulière avec le jeune marquis. Seul le dimanche marquera une coupure dans la semaine, messe le matin et vêpres l’après midi ponctuaient la journée. Le beau temps offrit une balade en bordure de la rivière et Benoît en profitait pour finir de conter l’aventure.


samedi 18 janvier 2014

Benoît et le grand tour (98)

  Chaudeur ne montrait pourtant pas ses pensés, il avait pourtant du mal à contenir le bonheur qui commençait à l’envahir. Lui et le commis sortirent sur le pas de porte, l’un tout sourire, l’autre interrogatif, presque indifférent, il sait que le fils est en voyage, mais il n’a pas les mêmes préoccupation… Chaudeur, tout en allant au devant de Benoît, donna instruction au commis pour qu’il aide Malvoisin à descendre la malle et la porter dans l’atelier. Père et fils, sans un mot s’étreignent, heureux de se retrouver, Hubert était à leur coté, monsieur Chaudeur le congratulât identiquement comme ci c’était un autre fils. Il les invita à prendre un verre d’Hydromel, Malvoisin, Hubert, Benoît, le commis et Chaudeur père autour d’une table de l’atelier levèrent les verres et trinquèrent au retour des jeunes. Quelques mots échangés, l’excitation des retrouvailles, les filles étaient descendues suivi de la mère qui cachait mal les larmes de bonheur qui perlaient de ses yeux. Embrassades, étreintes chaleureuses de nouveau… Il est temps que Hubert continu la fin du parcours pour retrouver les mêmes joies chez les Pompiac… Hubert l’accompagne sur le pas de porte, accolades, poignées de main, faut dire qu’avant de prendre la rue du Bœuf, ils s’embrassèrent à la manière des amoureux, un long baiser, mélange des langues, difficile de se séparer, ils n’auront plus le temps, sans doute, de revivre leur ébats comme la liberté du voyage leur a permis de vivre. Benoît, reste là immobile, l’âme en peine, le carrosse s’éloigne, son bruit disparaît au bout de la rue, il le perçoit encore, il s’amenuise derrière les bâtiments qui les séparent. Certes dans leurs yeux brillaient la marque de la peine qui le prenait.
– Ne t’en fait pas Benoît, nous nous reverrons, j’en suis sure.

 Benoît dégluti sa salive, il contient sa peine, son amant n’est plus avec lui, fini les complicités dans les visites, les estaminets, tavernes, théâtres, jeux, il va falloir tourner une page, ce n’est pas une passade de jeunesse que leur amour, mais les « obligations » les devoirs de famille pèsent lourd entre eux, Benoît voit défiler plus d’une année avec Hubert en quelques minutes, la lourdeur de son absence commence déjà à l’envahir. <<ressaisi toi>> lui dit sa voix intérieur…
                                       Image du web

A suivre

vendredi 17 janvier 2014

Benoît et le grand tour (97)

   Les deux garçons disparurent dans une grange et les râlent de l’autrichien en disait long sur la besogne de Benoît.
- Alors… je dois te faire une scène …maintenant.
Dit Hubert dans un humour… douteux, lui aussi marquait finalement une certaine jalousie, mais il avalait son mouchoir, la faute c’est lui qui la commise en premier…  Pour calmer les esprits, rien de tel qu’une promenade le long de la Donau, puis un retour vers l’auberge, un dîner et une autre balade avant de gagner la couche.
- Hum… Hum… fit Gustave Adolphe… je vais vous mettre d’accord… je passerais la nuit entre vous deux !
Hubert et Benoît restèrent muet un long moment, pas un mot ne sorti de leur bouche jusqu’à l’arriver devant la porte de l’auberge. Ils se regardent, la complicité qui les lie reprend le dessus, sur leurs lèvres un sourire apparaît..
- D’accord dirent ils en chœur.
Pour Gustave Adolphe outre de s’être déniaisé avec chacun, il passa la fin de son dépucelage dans cette nuit chaude de l’été entre les draps qui abrita l’effusion des corps.
Au matin, c’est plutôt les cernes sous les yeux qui parlent pour eux, un déjeuner réconfortant. Les malles retrouvent la plage arrière du carrosse, la selle du cheval accueil le séant douloureux de Gustave Adolphe… les sièges serviront de couchettes à Benoît et Hubert. Les chemins se séparent Gustave à eu ce qu’il cherchait !et retournait vers Vienne emportant cette relation bien secrètement en lui… Le carrosse parti vers Salzbourg, Vaduz, Zurich, à la frontière helvète tout fut bien épluché, des français qui arrivent de l’Autriche… bizarre ! Bon rien de particulier quand même, le voyage continu le long de lacs, le plus grand avant Zurich, deux jours à visiter la ville, flâner sur les rives du lac, l’aventure avec Gustave Adolphe semble bien loin… puis la route caillouteuse défile sous les roues du carrosse arrivant à Bâle, entré en territoire français, direction Belfort, Vesoul. Ils garderons la musique des clarines au cou des vaches dans les montagnes du Tyrol et ceux des cors des alpes joué par les bergers helvètes. Traverser  la bourgogne, le Nivernais si cher à eux développe ses senteurs, ses joies, la ville ouvre ses portes, le carrosse s’engouffre dans la rue du Bœuf et stop devant l’échoppe du joaillier. L’heure est avancée dans l’après midi, Chaudeur père est occupé à un  travail de fabrication de bracelet en argent, un commis est là à préparer des paquets pour une expédition de marchandises vers Paris. Le bruit du carrosse s’arrêtant dans la rue les tira de leurs ouvrages, Chaudeur compris de suite que son rejetons lui revenais, son cœur se mit à battre rapidement, la crainte de le retrouver dans un mauvais état, des idées lugubres l’avaient souvent parcouru, là il est de retour, c’est sure, depuis longtemps il l’attendait, ce n’est pas faute de nouvelles, de dessins qu’il reçut, mais le courrier est lent et qui sait si entre temps un malheur n’était pas arrivé… 

A suivre