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jeudi 22 mai 2014

Benoît…(48)




  Loin de nous une quelconque remontrance à son égard, nous l’aidons à remettre ses effets, soutenons dans sa détresse, bien sure il avait cherché une aventure, peut-être même l’aurait-il aimé comme ce jeune garçon croisé plus tôt, mais là ce n’en est plus l’esprit. Déjà que cet amour à la sauvette est n’est pas reluisant, mais parfois on y prend son pied, non cette rencontre est de l’ordre de la barbarie. Franck souffre au niveau de la poitrine, il remet ses vêtements, il est défiguré. Nous le soutenons physiquement et transportons dans un hôpital. Drôle de nuit, mais il était bon que nous soyons là à ses cotés, outre son corps, son âme était aussi en douleur. L’accueil de l’hôpital est des plus courtois et la prise en charge de Franck viendra après une attente d’à peine une demi heure. Auscultation, radio, il est hospitalisé pour quelques jours, deux cotes de cassées, heureusement pas de perforation des poumons. Il nous fallait déposer la chose auprès du service médical, sans rentrer dans des détails inutiles, mais qui sont compris par l’infirmière présente, elle nous dit que notre ami devra faire un dépistage du V.I.H, c’était un impératif. Son collègue interne nous explique qu’il ne se passe pas une nuit sans qu’ils reçoivent des cas comme celui-ci, et parfois le patient est encore plus amoché, il y eu des cas de décès. A les entendre, il semble que les autorités ne montre pas d’empressement à résoudre ce problème, cela casse du Pédé et dans ce monde hétéro, macho ce n’est pas grave ! C’est le sous-entendu qu’ils nous laissent passer. Un quidam, ayant perçu la détresse de Franck, appela la police qui arriva à l’hôpital comme les tuniques bleues après la bataille, un d’eux prit notre déposition et auditionna l’interne. Les propos échangé, la vision d’un sas hermétique sur le visage du policier eu pour effet de mettre Benoît hors de lui, la non assistance à personne en danger, l’homophobie ambiante le poussait à prendre à partie le policier, Jérôme eu la bonne idée de le détourner en le prenant par le bras et de l’entrainer dans la chambre où Franck est installé. Faut dire que les autorités ce targuent de dire qu’il n’y a pas de lieux dédié à l’homosexualité et en nient une quelconque existence à Venise. Je les suivais, laissant policiers et internes en discussions.
Franck dormait, il en avait un sacré besoin, nous aussi d’ailleurs, nous restons jusqu’à son réveil, prenant des quarts sur le fauteuil mis à disposition pour les visiteurs.

 La tête fatiguée, nous assistons à sa résurrection ! Une fois de plus nous ne lui prodiguons aucun reproche, même si Benoît qui avait été comme un taureau dans une arène, il ne montrait pas de rancune à son égard. Le médecin passa, et dans le couloir, il nous expliqua que pour le test il fallait attendre une quinzaine de jours avant de l’effectuer, ce que nous n’ignorons pas, mais que c’est long quinze jours dans cette incertitude. Mais encore il faut en faire un autre au bout de trois mois pour confirmer l’état viral présent ou pas. J’avais vu juste…. L’Italie ne réussie pas à sa lignée.
A suivre

vendredi 10 janvier 2014

Benoît et le grand tour (90)

 
Chapitre IX

L’ombre étend son corps…

  Il règne une certaine tension autour des français, ils sont surveillés, un soupçon d’espionnage pèse sur eux, comme sur d’autres voyageurs venant du pays. L’ambiance semble sombre, ils ne s’en rendent pas trop compte, occupés à la visite des monuments,  faire les rats de bibliothèques, passage aux théâtre, à l’Opéra et bien d’autres activités de leur âge !
 C’est aussi dans les salons de l’aristocratie ou haute bourgeoisie que parfois leur pas viennent foulée le parquet de ces lieux. Ils y font des rencontres qui abreuvent l’appétit de connaissance dont ils font la quête. Lors d’une de ces mondanités, un jeune aristocrate vindicatif, à l’encontre de la France, défiât Hubert, d’abord verbalement, le jeune marquis restant linéaire et ne prêtant pas trop attention à ces propos, il monta le ton avec des mots blessants. Hubert recevant cette insulte de trop donna une gifle de son gant invitant à réparer l’affront dans un duel. Il aura lieu deux jours plus tard à l’aube dans une clairière à l’orée de la ville. C’est toute l’ambiance de suspicion régnante, alimentée par les gazettes de l’époque et les nouvelles colportées par des marchands ambulants qui enveniment la société, fait monter un désir de conflit.

 Une voilette déposée sur terre, la brume matinale pas encore dispersée, lourde accompagnée de sa rosée sur la végétation enveloppe la clairière, le soleil filtré entre les cimes des arbres allongeait les ombres de leurs squelettes sur la clairière. Les calèches amenaient les acteurs de cette scène qui va se déployer. Benoît et un jeune aristocrate autrichien  étaient les témoins du marquis. L’agité était accompagné  d’un vieux baron et son fils pour lui. Les vestes retirées, les manches des chemises relevées, enroulées sur les bras, les épées présentées, à la main, elles avaient été choisies pour le duel. Les deux hommes en place, face à face, le fer croisé après les salutations d’usage, le crissement du métal, ses heurts indiquent que l’échange est en court, il avait duré une dizaine de minute quand la lame de Hubert transperçât le bras de son adversaire qui chancela, il ne voulut pas abdiquer, le combat reprit, Hubert habile bretteur, évitant d’envoyer vers Hadès son adversaire, le blessa une deuxième fois sur le flanc droit. Le jeune homme tomba à terre sur ses genoux, il déposa son arme, l’affront était lavé. Il n’en fallait pas non plus que cela s’ébruite et chacun de retrouver le chemin, la destinée qui est la sienne. Le jeune aristocrate est ramené chez lui, son état caché sous une épaisse cape, soutenu comme un ivrogne rentrant d’une nuit bien arrosée, les femmes de la maison l’ayant nettoyées et pensées, un médecin viendra prodiguer les soins nécessaire son silence grassement payé. Nul ne sut jamais ce qui c’était passé ce matin là, pourtant l’affront avait fait grand bruit dans le lanterneau Viennois. Un officier de police tenta bien une enquête, mais ses investigations restèrent lettre morte. Ni le blessé ni Hubert n’évoquèrent un quelconque échange à l’escrime, juste une escarmouche pugilistique (Benoît lui avait amoché légèrement le visage) pour laver la chose. Bien que novice dans le métier, pas dupe des propos, c’est bredouille qu’il déposa son rapport clôturant une éventuelle poursuite envers les deux protagonistes.

A suivre

samedi 4 mai 2013

Benoît et le grand tour (74)

  


Renseignement prit, dans cinq jours un navire partira pour la cité Phocéenne, en accord avec le médecin, il restera en convalescence à l’hôpital. Nos amis en profitèrent pour aller à Florence, ils la visitèrent, le Duomo, le palais des Médicis, la statue du David de Michel-Ange trône sur la place, ils s’abreuvèrent de l’art de la renaissance, l’ombre des Médicis plane, leur parfum passe dans les rues, sur le pont galerie enjambant l’Arno, c’est une ville impressionnante, ici les anglais sont en extases, les français un peu moins, ils ne la boudent pas, mais l’architecture semble austère à leurs yeux, et puis ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, les plaisirs, celle de la table rien à redire, celle de la chair, la ville semble puritaine. Heureusement que deux jeunes garçons à l’allure du David serviront de guide pour nos participants au grand tour. À l’ombre de regards inquisiteurs, ces guides furent récompensés comme ils l’espéraient, bien sur en quelques pièces mais aussi en nature, même Malvoisin goûta à ces jeux. L’avant veille du départ ils retournèrent à Pise auprès de Meunier, le lendemain ils l’accompagnent à Livourne, une nuit en auberge sur le port, puis c’est l’embarquement, nos trois amis lui confièrent le courrier effectué depuis leur passage à Marseille. Son voyage une fois débarqué à Marseille continuera par voie fluviale vers Chalons, le Rhône, et à Lyon remonter par la Saône, c’est enfin par voie carrossable qu’il finira son parcours vers le nivernais. La fin de voyage sera supportable la route étant une artère refaite. Le navire quitte Livourne, ils le suivent s’éloigner, les voiles disparaissent à l’horizon, nos amis repartent pour Florence, ils retrouvèrent les jeunes guides, Benoît en pris un comme modèle, redessinant le David dans la nudité du garçon. C’était la dernière nuit à Florence, nuit chaude si il en fût dans tous les sens du terme. C’est quand même avec un certain regret qu’ils quittèrent la cité des Médicis, Florence n’est pas attirante pour les français et pourtant eux l’avaient aimé. Ils partent vers ce qui attirent les compatriotes, Venise. La route sera longue, Bologne, Ferrare, Venise où ils pourront comme il se doit jouir de la vie des Vénitiens. L’été trainait ses derniers jours, il n’avait pas envie de quitter le calendrier, il pensait que son pouvoir pouvait s’étendre vers les autres mois qui suivent sa transhumance, mais la couleur des vignes, forêts changeait. L’automne installait ses marques, lui faisait un croche pied, allez l’été retire toi, tu n’as plus ta place, c’est à moi le printemps de l’hiver de mener la danse, déployer mes couleurs. Revers de la médaille, c’est aussi les pleureuses du ciel qui abattent leurs larmes sur la terre. Venise sera une ville étape, longue, comme l’avait pressenti Malvoisin. Les amateurs de grand tour du continent Européen se retrouvent ici à Venise pour sa débauche, c’est même un but inavoué des jeunes de la noblesse de tous pays.



vendredi 3 mai 2013

Benoît et le grand tour (73)

 
Deux routes s’offraient à eux, deux anciennes voies Romaine, la voie ‘Cassia et l’Aurélia’. La ‘Cassia’ passe  à l’intérieur des terres, mène directement de Rome à Florence, la voie ‘Aurélia’ longe la côte, bénéficiant de la douceur marine et dans ces chaleurs elle est la bienvenue, outre son nom évocateur de l’empereur philosophe stoïcien, ce n’est pas un hasard !, Rome, Pise, rejoindre Florence par une autre route.
On ne peut pas dire que les voyages sont sans embuches, bien souvent du au matériel, aux chevaux, voir les passagers eux-mêmes, les aléas de la chaussée. Les hommes aussi sont des dangers pour les voyageurs. Il n’est pas rare de ce retrouver occis pour être dévalisé de quelques menues monnaies, bijoux. Pise est la dernière étape avant Florence, ils sont entrés en Toscane dont ils commencent à apprécier les paysages. Bientôt la ville arrivera à eux. Un virage sur le parcours, d’un côté une forêt drue, de l’autre le contrefort de la colline, c’est de la forêt que surgit le danger, des malfrats passent à l’attaque, l’effet de surprise est à leurs faveurs, nos amis réagissent très vite, coups de feu des pistolets, Malvoisin joue du fusil et de son fouet, cela sème une panique chez les assaillants qui ne s’attendaient à cela. Malgré tout le carrosse est arrêté, Benoît sort de l’habitacle l’épée à la main et poursuit l’œuvre de déstabilisation, Meunier le suit et tire de ses pistolets, un assaillant tombe à terre touché en pleine poitrine, c’est alors qu’une lame se plante dans son dos, Benoît ne pu éviter le coup sur lui, il transpercera le brigand de son épée en l’enfonçant dans son ventre. Hubert et Malvoisin finirent de les mettre en déroute, la colère comme alliée, décuplant les forces.
– Il n’y a pas que sur le sol français que l’on est dans ce genre de situation, dit Hubert.
 Benoît se penche sur le précepteur, il est inconscient, le dos ensanglanté, heureusement la lame n’a pas touchée l’axe vital, il déchire les vêtements, retire l’épée, avec des lambeaux de la chemise il fait une compression et la ligote. Aidé de Hubert et Malvoisin ils l’installent sur une des banquettes et partent pour Pise. A l’Hôtel Dieu de la ville ils le déposent, les soins lui seront appliqués. Le séjour dans cette belle ville à la tour penché, le campanile de la cathédrale, elle penche depuis l’origine de sa construction. Le séjour au lieu d’être d’une journée ou deux, sera bien plus long que prévu. Au quatrième jour, le médecin dit que l’état de Meunier ne présente plus de risque, seulement il lui est impossible de continuer le voyage, les secousses dues aux voies carrossables ne permettant pas de finir la cicatrisation dans de bonnes conditions. Hubert se renseigne auprès de lui pour savoir si son rapatriement par voie maritime pouvait s’effectuer. Le médecin fût affirmatif dans ce choix. La décision était prise, le port de Pise n’est plus ce qu’il fût, aussi c’est vers Livourne qu’il fallait se retourner. 

dimanche 21 avril 2013

Benoît et le grand tour (62)

 

La nuit était bien installée, chacun retrouvait la place qui était la sienne. Nos amis regardaient le ciel étoilé sans lune. Bien que ce spectacle n’était pas inconnu pour eux, l’émerveillement du lieu en ajouta sa beauté à cette toile tendue au dessus de leur tête.
  Le quart avait changé, un nouveau matelot était à la barre et les mousses avec des matelots les encadrant s’affairaient sur le pont, pas facile pour eux avec ce carrosse qui les gênait dans leurs démarches. Meunier avait gagné la cabine du second avec lequel il devisa une bonne heure. Malvoisin était auprès des chevaux qui avaient gagné en tranquillité.
 Restés sur le pont, appuyés au bastingage, Benoît et Hubert contemplaient le ciel étoilé, cherchait la grande, la petite Ourse, ils s’amusaient à compter les étoiles, mission impossible à faire. Finalement ils abandonnèrent ce poétique paysage marin dans sa nuit pour gagner les banquettes qui les accueillent pour dormir. Cela n’est pas aisé mais ils réussiront à trouver la position qui va le mieux dans ce cas de figure. Oh ! certes, ce n’est pas un bon lit dans une chambre, le bateau berce leurs rêves. « Bon ce n’est pas la mer à boire, dit Benoît pour une ou deux nuits on en meurt pas. »
Benoît est debout un peu avant l’aube, le disque orange commence à faire son apparition, il va vite réveiller Hubert pour partager ce lever du jour. Deux gamins devant la découverte d’un trésor, ils sont béats à ce spectacle que leur donne la nature. C’était aussi un  trésor à leurs yeux, ce disque d’or qui montait dans l’Ether vers son zénith, il était là coquet comme un courtisan qui s’admire dans ce miroir maritime, c’est un chant d’amour qui s’élève, quittant son reflet, il est prêt à exprimer sa chaleur à tous les cœurs qui savent en tirer ses bienfaits.
Le vent était arrière et les voiles bien gonflées, le navire avançait à bonne allure. Ce qui inquiétait nos deux amis, ce sont les craquements que faisait le bateau, celui de la coque, des mâts souffrants sous la poussé du vent. Pourtant depuis une journée qu’ils étaient à bord du « Ligura » ils devaient s'être habitué. Comme pour la nuit passée, il regarde la mer, l’horizon, pas le moindre bout de terre, ils s’amusent de voir les dauphins jouer autour du bateau, ils sautent, plongent, roulent. Benoît réussi à en croquer deux, le reste il le dessinera de par ses souvenirs. Il avait écrit deux lettres, l’une depuis Lyon et l’autre de Marseille, ainsi ses parents, sa famille suivait leur cheminement. Il remisa papiers et crayon dans sa besace, il sort du carrosse, et voit un jeune matelot qui se décroche de son travail, bascule à la renverse dans les cordages de la mâture, il est coincé et semble souffrir, un grand cri inhumain l’atteste, Benoît s’élança aussitôt à l’assaut pour porter secours au marin, il va l’aider à se redresser, il le fera s’accrocher autour de son cou, libérant la jambe prisonnière, l’os du tibia c’est fracturé et sous le choc a traversé les chairs. Il le descendra vers le pont où le chirurgien est déjà arrivé. Avec l’aide d’autres matelots, Benoît le déposera sur le plancher du pont, le chirurgien examinant la blessure est dans une grande expectative…  





dimanche 7 avril 2013

Benoît et le grand tour (48)




– C’est qu’il est encore faible, mon jeune ami, voyons où il en est.
 Benoît souleva délicatement le bassin du marquis et reste dans cette position le temps que le bandage soit défait.
– Au premier regard… les chairs semblent se souder.
 Il passa une éponge imbibée d’eau autour de la plaie, la sécha, désinfecta avec de l’alcool, heureusement Hubert dormait toujours, appliqua une pommade et remit la bande. Il avait préparé une potion à base de plantes qu’il donna à Benoît et lui demanda de l’administrer à son ami.
– Peut il prendre un potage ou quelques choses à manger ?
– C’est plus que nécessaire si votre jeune ami veut ce remettre sur pied, essentiellement du liquide ou des purées de panais ou carottes, les légumes écrasé bien sur, un bon potage aussi lui fera du bien, mais il est encore trop tôt pour le voir manger du solide… tenez, il me vient à l’esprit, passez donc en boucherie et faites vous donner du sang que vous mélangerez à ses purées ou dans le bouillon.
 Durant ce temps de consignes, Hubert avait retrouvé le regard et écoutait le dialogue entre le médecin et Benoît, il fit une moue en entendant parler du sang dans ses aliments. Le docteur donna aussi un bassin de lit en étain et un urinoir, Hubert ne pouvait pas encore poser un pied sur le plancher. Il resta éveillé après le départ du docteur et celui-ci dit repasser au matin. Benoît se retrouvait rassuré. Il fit monter un bol de soupe épaisse pour l’alimenter, c’est Meunier qui le porta, il était plus vigoureux que l’image laissée le matin même.
 Pour Benoît, à l’instant précis où il s’occupait du marquis, quelque chose de nouveau c’était produit, il comprenait que son jeune ami comptait bien plus que son imagination ne l’avait laissé entendre. Il s’en voulait de l’avoir abandonné, il regrettait le duel, c’est sur ses sentiments n’étaient pas clairs, il refusait la main tendue, pourtant il se doutait qu’une attirance existait, il la voyait amical, pas autrement. Un peu comme un frère avec leurs disputes, les complicités… Il découvrait au demeurant cette fratrie, les sentiments en plus.
 Après quelques jours, Hubert commença à marcher avec  le soutien, au début, puis seul dans la chambre, sur le palier, cela lui faisait du bien, il commençait aussi à prendre un peu de solide dans sa nourriture. Benoît avait suivit les conseils du doc., et c’est en  cuisine que la mixture se fit. Le fils du Comte de Burestein et sa mère lui rendirent visites plusieurs fois. 
 


samedi 6 avril 2013

benoît et le grand tour (47)

 
Le temps semblait démesurément long, le médecin dit qu’il repasserait au soir. Avant de quitter la pièce, il expliqua que la blessure, certes profonde, n’avait pas touchée d’organes vitaux et ne semblait pas mortelle, ce conditionnel n’est pas fait pour rassurer ses amis, il pense que le jeune homme sera vite sur pied. A cet instant une petite lueur d’espoir apparut dans l’âme de Benoît, la petite flamme le métamorphosa.
– Je vais rester près de lui le temps qu’il faudra, je le veillerai, dit Benoît tenant toujours la main qui semblait perdre de sa froideur.
 Le médecin, bien qu’il ne dit mots, de par son geste confortait sa décision, il sorti suivi de Malvoisin et du soldat, les servantes allaient finir de nettoyer la pièce et emporter les draps maculé de rouge.
Benoît resta seul à genoux au chevet de Hubert, veiller sur lui, envoyer sa vigueur était-ce possible, si oui, il le faisait. Une force intérieure, le souleva, il déposa de temps à autre ses lèvres sur celles du jeune homme, sa main. C’est quand, sur joues que, coulaient les perles de cristal qu’il montrait ses ressentiments. Cette souffrance pas comprise, il l’avait vue pourtant, mais l’interpréter ça ce fut une autre conception.
 Vers la mi journée, une servante vient lui porter bol de potage, il le bu rapidement, reprenant sa posture de madone auprès du lit de Hubert. Il pouvait remarquer sa respiration, et ses mains si froides, quand il arriva, commençaient à se réchauffer.
  Malvoisin et Meunier dans l’après midi vinrent aux nouvelles, rien de nouveau, mais le marquis semble résister à l’appel d’Hadès.  Ils restèrent à parler avec Benoît. Puis ils le quittèrent. Le fils Chaudeur prodiguait des passages sur le front du jeune homme, il l’épongeait, parfois c’était de simple caresse sur ses cheveux. Lors d’une de ses actions, son regard se porta sur les paupières qui s’entrouvrent. Hubert allait dire un mot, un seul, mais la douleur l’en empêcha. L’esquisse d’un sourire lui fit comprendre qu’il était heureux de le voir là. Et Benoît de lui montrer qu’il comptait beaucoup pour lui, il déposa ses lèvres sur les siennes, un baiser suffisamment appuyé, ni trop long, ni trop court,  mieux qu’une caresse sur la bouche. Le regard du jeune marquis parla plus que tous les mots que la terre pouvait compter.
La pénombre de la nuit arriva, Benoît battit le briquet et alluma des lampes à huile et quelques torches aux murs pour éclairer les lieux. Il y a une bonne heure que Hubert c’était réveillé, il était reparti dans son sommeil le visage radieux. Le médecin, accompagné d’une servante avec une bassine d’eau et de quoi éponger, nettoyer le corps entra dans la chambre.
– Comment va notre blessé ?
– Il a reprit ses esprits l’heure passée, mais le sommeil l’emporte.


vendredi 5 avril 2013

Benoît et le grand tour (46)

 
« Rester calme, rester calme, facile à dire dans une telle circonstance, c’est bien des propos de militaires, restez calme »
Durant son retour Benoit faisait travailler son imagination, il était loin de ce qui l’attendait.

 Dans la cour une effervescence peu commune à cette heure de la matinée. Benoît sauta au sol, suivit du militaire qui le prit par le bras. Meunier était assis sur un banc de pierre auprès de la porte de l’établissement, son visage était décomposé, blanc, livide, il tremblait, portant sa tête entre ses mains et marmonnait des choses incompréhensibles, il ne vit même pas les deux hommes rentrer dans la pièce commune. D'autres soldats se tenaient debout devant l’escalier, Malvoisin appuyé sur la rambarde semblait attendre quelqu’un, une nouvelle…son visage affichait une certaine préoccupation. L’homme en uniforme qui l’avait ramené ici l’invita à monter vers l’étage. Le cocher le voyant se précipita sur lui…
– Dieu soit loué, vous êtes revenu… un grand malheur est arrivé…
Et Malvoisin, pourtant pas du genre tendre, avait les larmes dans le coin des yeux. Benoît devint livide à vue d’œil, il semblait comprendre la situation.

– Que c’est il passé ? Dites le moi, vite, dites le moi.
–Monsieur est sans connaissance, baignant dans son sang. On le retrouva une dague, à la main, planté dans son corps, une servante qui entrai à ce moment là à tout vue, mais ne pue empêcher le geste, elle eue le temps de prévenir, mais elle est aussi blessée dans son âme, elle délire dans une pièce à l’abri des regards.

 Benoît avait sentit ses jambes le quitter, il se ressaisi, Malvoisin ouvrit la porte, Benoît hésita… entra. Un médecin finissait d’officier sur la blessure assez grave pour que le jeune marquis soit dans un sommeil profond. Il avait été transporté sur la table, le temps que l’on change la literie qui était à terre et rougie de son sang.
– C’est arrivé quand ?
– Presqu’à moitié d’heure après votre départ.
– Fichtre !.
Benoît ne savait plus quoi dire, une grande émotion l’avait envahie, une douleur. Le médecin, le soldat, Malvoisin et lui le remirent sur le lit.

 Les yeux humides, Benoît prit la main du marquis, la serra délicatement, avec tendresse dans la sienne, il la caressait aussi. Son regard balayait le corps, partait du visage à la trace du coup qui avait rougie le bandage, vers sa main aussi, main froide, molle. 


mardi 26 mars 2013

Benoît et le grand tour (36)

 

  Le médecin prit congé et regagna son domicile laissant nos amis deviser sur journée. La jeune soubrette s’occupait d’eux avec un certain bonheur. Le temps de se reposer sonna. Ils gagnèrent la chambre, Malvoisin et Meunier les avaient devancé et les corps glissés sous l’édredon. Les jeunes hommes finissaient d’enfiler leur chemise de nuit quand entra la soubrette, elle portait deux brocs d’eau, une excuse car la pièce en comptait déjà. Elle admira les deux garçons à demi étonnés, décocha un sourire charmeur évoquant un profond désir. Benoît souleva la pan de sa chemise et lui exposa l’objet de convoitise, elle apprécia l’image qui s’offrait à son regard, s’approcha de lui, le bouscula sur le lit, l’embrassa. Le jeune homme n’en demandait pas temps, il lui massa les seins avec convoitise, c’est vrai qu’elle les lui offrait généreusement. Elle se mit au dessus de lui, souleva sa robe et s’empala sur le vit admiré quelques minutes auparavant. Hubert ne resta pas de glace, il prit la servante sur ses arrières, visitant l’autre intimité. C’est quelle aimait cela la donzelle, son qualificatif de demoiselle semblait être envolé depuis bien des lunes…
  Malvoisin et Meunier avaient bien du mal à ce contenir et ne pensaient qu’à une chose, remplacer les deux jeunes hommes en action. Le marquis exprima son bonheur en premier, Benoît fit durer le plaisir et c’est avec la servante dans un chœur de jouissance que se termina la séance pour eux. Après avoir remis un peu d’ordre sur elle, la main sur le verrou la soubrette allait quitter la pièce, elle l’ouvrit… se ravisa et la ferma. Ses pas la guidèrent vers les hommes plus mures et dont la nudité se voyait sur le lit. Etait elle nymphomane ? Peut importe, mais elle s’offrit à eux comme elle le fit plus tôt aux deux garçons. Elle quitta la chambre l’air satisfaite. Il était temps, car nos deux compères commençaient à être chauffé à blanc. Benoît restait sur ses gardes, durant les ébats il avait perçut des caresses sur ses bourses, la douceur des doigts n’était pas celle de la jeune fille. << Hubert, me semble être d’un monde différent >> pensa-t-il. La fièvre tomba aussi vite qu’elle avait semblé venir et ce au grand soulagement du garçon.
   Au matin, il se retrouva de nouveau enlacé comme il le fut la veille, cela l’agaça. Malvoisin et Meunier avaient quitté la chambre assez tôt pour aller à l’écurie s’occuper des chevaux et s’installèrent à une table pour la collation matinale.
  Benoît montra son agacement au jeune marquis, les propos échangés n’étaient pas des plus aimables.
–   Ne le prend pas mal, fini par dire Hubert, je veux simplement être protecteur pour toi, et m’inquiétais de ta blessure, je ne voudrais pas que quoi que ce soit vienne ajouter à ta douleur.




lundi 25 mars 2013

Benoît et le grand tour (35)

 
Il demanda à la patronne de lui fournir de l'eau bouillie et encore chaude, accompagné de nos aventuriers, il s'installa dans la chambre. Une soubrette à la chevelure brune se tenait à sa porté en cas de besoin. Les hommes ne manquaient pas de l'admirer. Le regard de Hubert et de Benoît étaient encore le plus appuyé.
Jugeant les plaies, le médecin s'occupa en priorité de celle de Malvoisin. Il la nettoya avec l'eau, la désinfecta avec de l'alcool dont il sorti un flacon de son sac en cuir, Malvoisin serra les dents en mordant un mouchoir. Une lame rougie au feu, il la déposa sur la plaie, un effet de cautérisation, c'est encore plus douloureux, il fallait le tenir fermement, une séance de torture!. Le médecin attrapa un pot d’onguent qu'il passa sur les plaies qu'il banda.
–   Pas d'efforts pendant quelques jours, surtout à vous, dit le médecin envers le cocher.
–    Ne vous en faites pas dit Meunier, je resterais à vos côté pour mener les chevaux, et si en cas de besoin vous pourrez gagnez l'habitacle.
–  Merci Meunier, mais je ne peux accepter cette deuxième idée, passe pour la conduite des chevaux, mais occuper votre place, ça je n'y consent.
  Malvoisin, si c’est moi qui vous l’ordonne, dit Hubert, Le feriez vous ?
     Heu ! je ne sais pas.
     Si cela doit être une nécessité, je vous l’ordonne.
     Dans ce cas monseigneur, je suivrai vos désirs.
  Parfait Malvoisin, je crois que c’est le cas, n’es-ce pas monsieur le médecin ?
    Comme vous le dites, votre cocher en aura besoin.
    Bon, c’est entendu.
 Le médecin s’occupa de la blessure de Benoît qui reçut pratiquement le même traitement, celle ci étant plus superficiel, demandant moins de précaution, il eu droit au feu de la lame afin de cautériser l’entaille, à l’onguent et un pansement de la même facture.
     Voilà, jeune homme, pas d’écart, mais vous êtes gaillard, tout ira bien.
 Hubert dédouana les frais du médecin, l’invita à partager un pot avec eux. Pendant que les gosiers prenaient le temps d’assouvir une soif certaine, Hubert conta l’embuscade dont ils furent victime et la déroute de leurs agresseurs.



















dimanche 24 mars 2013

Benoît et le grand tour (34)


  Meunier guida les chevaux vers la cour de l'imposant bâtiment. Les lueurs des torches aux travers des fenêtres indiquaient qu'il était en activité. A peine le bruit du roulement entendu, des domestiques sortirent, l'un indiqua, aux cochers, où ils pouvaient ranger le carrosse et mettre les chevaux à l'écurie, puis ils s'emparent des malles et les portent dans une chambre avec deux grands lits pour assurer le repos des voyageurs.


Hubert et Benoît furent les premiers à prendre place autour d'une table qui allaient leur redonner du baume au cœur, dans l'âtre un chaudron gardait un potage de légumes et de la viande de porc qui y mijotait.
Malvoisin et Meunier attachèrent les chevaux dans un box de l'écurie. Dans les râteliers une poignée de foin que Meunier fit tombé depuis une trappe dans le grenier. Malvoisin leur mettait les rations d'avoine et rempli les abreuvoirs d'eau, Meunier aida le cocher à les panser avec une poignée de paille. Ces soins faits, ils retrouvèrent la table où les attendait le marquis et son ami.

  Durant ce temps, Hubert avait demandé au patron si il y avait un médecin dans le secteur pour soigner les blessures de Malvoisin et Benoît. L'aubergiste fit signe à un garçon ayant passé la douzaine d'année. Le gamin mit une cape et sortit.
Les écuelles étaient remplies de ce potage, ils le dévorèrent sans retenue, loin de toutes conventions acquises par leur éducation. La patronne apporta un poulet coupé en quatre parts, un pot de vin et d'eau et une demie boule de pain. Les estomacs étaient rassasiés.
Une demi heure passa, le bruit des pas d'un cheval s'entendit, résonance sur les pavés de la cour. Le gamin fit son apparition, suivit de peu par un homme portant une serviette de cuir sur son épaule. Il fit un signe de tête à l'homme pour indiquer la table qui attendait sa venue. Le médecin approcha d'eux. Tous les quatre le saluèrent dans un ensemble digne d'un chœur de chant. L'homme sourit et répondit.
̶  Bonsoir messieurs, où sont nos éclopés, ah!... oui... je vois. Bon je vais m'occuper de cela.



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