dimanche 21 avril 2013

Benoît et le grand tour (62)

 

La nuit était bien installée, chacun retrouvait la place qui était la sienne. Nos amis regardaient le ciel étoilé sans lune. Bien que ce spectacle n’était pas inconnu pour eux, l’émerveillement du lieu en ajouta sa beauté à cette toile tendue au dessus de leur tête.
  Le quart avait changé, un nouveau matelot était à la barre et les mousses avec des matelots les encadrant s’affairaient sur le pont, pas facile pour eux avec ce carrosse qui les gênait dans leurs démarches. Meunier avait gagné la cabine du second avec lequel il devisa une bonne heure. Malvoisin était auprès des chevaux qui avaient gagné en tranquillité.
 Restés sur le pont, appuyés au bastingage, Benoît et Hubert contemplaient le ciel étoilé, cherchait la grande, la petite Ourse, ils s’amusaient à compter les étoiles, mission impossible à faire. Finalement ils abandonnèrent ce poétique paysage marin dans sa nuit pour gagner les banquettes qui les accueillent pour dormir. Cela n’est pas aisé mais ils réussiront à trouver la position qui va le mieux dans ce cas de figure. Oh ! certes, ce n’est pas un bon lit dans une chambre, le bateau berce leurs rêves. « Bon ce n’est pas la mer à boire, dit Benoît pour une ou deux nuits on en meurt pas. »
Benoît est debout un peu avant l’aube, le disque orange commence à faire son apparition, il va vite réveiller Hubert pour partager ce lever du jour. Deux gamins devant la découverte d’un trésor, ils sont béats à ce spectacle que leur donne la nature. C’était aussi un  trésor à leurs yeux, ce disque d’or qui montait dans l’Ether vers son zénith, il était là coquet comme un courtisan qui s’admire dans ce miroir maritime, c’est un chant d’amour qui s’élève, quittant son reflet, il est prêt à exprimer sa chaleur à tous les cœurs qui savent en tirer ses bienfaits.
Le vent était arrière et les voiles bien gonflées, le navire avançait à bonne allure. Ce qui inquiétait nos deux amis, ce sont les craquements que faisait le bateau, celui de la coque, des mâts souffrants sous la poussé du vent. Pourtant depuis une journée qu’ils étaient à bord du « Ligura » ils devaient s'être habitué. Comme pour la nuit passée, il regarde la mer, l’horizon, pas le moindre bout de terre, ils s’amusent de voir les dauphins jouer autour du bateau, ils sautent, plongent, roulent. Benoît réussi à en croquer deux, le reste il le dessinera de par ses souvenirs. Il avait écrit deux lettres, l’une depuis Lyon et l’autre de Marseille, ainsi ses parents, sa famille suivait leur cheminement. Il remisa papiers et crayon dans sa besace, il sort du carrosse, et voit un jeune matelot qui se décroche de son travail, bascule à la renverse dans les cordages de la mâture, il est coincé et semble souffrir, un grand cri inhumain l’atteste, Benoît s’élança aussitôt à l’assaut pour porter secours au marin, il va l’aider à se redresser, il le fera s’accrocher autour de son cou, libérant la jambe prisonnière, l’os du tibia c’est fracturé et sous le choc a traversé les chairs. Il le descendra vers le pont où le chirurgien est déjà arrivé. Avec l’aide d’autres matelots, Benoît le déposera sur le plancher du pont, le chirurgien examinant la blessure est dans une grande expectative…  





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