vendredi 16 mai 2014

Benoît ….(42)


 Le ruban anthracite déroule son lancinant refrain, le paysage défile, laissant à contre temps passé masures, villages, forêts… Venise se rapproche, nos cœurs battent étrangement, mélange d’angoisse et d’engouement, pourquoi l’angoisse alors que ce passage est dédié à la détente, l’amusement, visiter la Sérénissime, il n’y a pas raison de tomber dans ce sentiment. Le désir de découvrir le monde flottant entre terre et eau. 
Ce monde qui marquera la mémoire de nos lointains parents. Pas de carnaval pour nous, peut être y retrouverons nous leurs silhouettes fantomatiques. Non pas de carnaval, mais les cohortes de touristes débarquant des villes navigantes sur la méditerranée, des amoureux aussi ou jeunes mariés en lune de miel, les plus anciens en pèlerinage pour fêter quelques âges d’or de leurs noces. Pour nous c’est un peu le cas, pèlerinage pour ceux du 18ème siècle, Venise n’en est pas le but, mais une escale particulière, plus amoureuse, libre, trash peut être, plus, plus, plus… C’est pour cela que nos cœurs battent l’enthousiasme, le désir, les craintes, mélangent des mots qui se bousculent au portillon des sentiments.


 J’avais trouvé une location pas très onéreuse à partagé entre nous quatre. Malvoisin déposa la Mercédès dans un parking en dehors de la ville, bagages en main, sac à dos avec les tentes en leur travers, un pas devant l’autre nous avançons vers la bâtisse qui abritera nos secrets du ressenti, enfin presque. Déjà l’explosion des remarques arrivent, un quai, un vaporetto attend ses passagers, cela casse l’harmonie poétique des gondoles. Malgré tout nous prenons place à bord, il manque la signature de l’impression amoureuse qui nous mène vers le cœur de la cité des Doges. Venise reste attrayante, belle, riche de son passé. Elle est loin de son passé prestigieux, elle vie de son souvenir en ayant les deux pieds dans la modernité du nouveau millénaire. Cargo transportant son lot de container, paquebot, véritable ville flottante, avec sa masse de touristes partants à l’assaut de la cité lacustre, sans oublier la cohorte de tanker pétrolier pour son terminal de raffinerie. Il est inévitable que la ville cherche à garder son essor, mais posant une hypothèque sur son avenir.

File:Venise-le port.JPG


photo Alainauzas



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